M.Chirac, Mme Dati et l'indépendance de la Justice
Bonjour a tous,
Je suis de bonne humeur aujourd'hui. Pas parce que je suis quasiment en vacances et que ca annonce au mois 2 mois et demi de voyages dans une bonne partie de l'Amérique Latine. Non, aujourd'hui je suis allé voir, comme tous les jours, les nouvelles de France sur lemonde.fr, et la, ô bonheur, je vois en gros titre sur la première page : "Affaire des Chargés de mission de la Ville de Paris : Jacques Chirac mis en examen". Ouf ! on y arrive enfin ! Je me souviens encore quand, au moment de passer la main à petite crotte, tout le monde m'expliquait, désabusé, que ce cher M.Chirac ne serait jamais inquiété, et que j'avais tort d'être optimiste quant à l'indépendance de la justice en France, vu son rang et ses contacts au sein de l'appareil judiciaire. Il semble cependant que la suite des événements me donne raison, et que la Justice francaise n'est pas corrompue, loin de la. Tout citoyen, qu'il ait ou non occupé pendant 12 ans le poste de Président de la République, doit un jour ou l'autre comparaitre devant elle pour s'expliquer sur des actes réalisés en dehors du cadre de la loi et qui lui sont imputables. Il est bien évident que la mise en examen de notre ancien Président ne signifie pas qu'il ira en prison, mais c'est un acte symboliquement extrêmement fort et je reste persuadé qu'il sera jugé comme il se doit. J'appelle simplement tout un chacun a croire en l'indépendance et l'intégrité de la Justice francaise, et à cesser de l'acabler pour un oui ou pour un non. Cette réthorique s'inscrit dans la même catégorie que les attaques qu'elle essuie aujourd'hui avec la réforme de la Justice entamée par notre incompétente ministre de la Justice Rachida Dati (qui devrait normalement s'occuper d'assurer l'indépendance de la Justice tout en la rendant plus efficace). Je veux bien évidemment parler de la suppression d'un nombre non négligeable de Tribunaux de Grande Instance et de Tribunaux d'Instance sur l'ensemble du territoire, mais également de sa tendance à vouloir contrôler en permanence les magistrats, notamment relativement à sa décision de muter de force le Procureur général d'Agen Bernard Blais à six mois de la retraite. J'ai lu à ce sujet bon nombre de réactions de lecteurs du Monde qui ne comprenaient pas pourquoi la polémique était si forte, considérant la Justice comme une Institution sclérosée qui devaient se trouver sous les ordres du gouvernement, selon la conception de Mme Dati qui se pose elle même en "chef des Magistrats". Mais non, Mme Dati n'est pas "chef des magistrats" et non, on ne mute pas de force un magistrat, une Justice indépendante et efficace ne fonctionne pas comme ca. Si les magistrats bénéficient de l'inamovibilité, ce n'est évidemment pas par hasard, mais pour assurer leur indépendance. Ca serait trop facile de muter à un poste perdu un magistrat qui deviendrait gênant pour les petites affaires du Gouvernement. D'ailleurs Mme Dati a eu la présence d'esprit (pour une fois) de se raviser en mutant Bernard Blais sans le déplacer ! Tout cela pour éviter un recours de l'intéressé qui aurait très probablement gagné. Gageons que notre "chère" Ministre de la Justice continue sur une pente aussi glissante et se retrouve rapidement éjectée lors d'un prochain remaniement ministériel. C'est certain que ca n'est pas gagné, vu sa proximité avec le Président de la République, mais faute de mieux elle jouera en faveur de la grogne contre lui et assurera sa descente dans l'opinion publique plus rapidement que prévu.
Bref, tout ca pour dire que la Justice francaise n'est pas sclérosée et dépendante du pouvoir politique. Elle réussit même admirablement à préserver son indépendance et à faire front aux attaques de Sarkozy le néolibéral. Jusqu'à quand ? C'est là la question qui se pose aujourd'hui. Pour le moment soutenons la dans sa difficile résistance comme nous devons soutenir sans faille les employés des services publics et les étudiants dans la leur.
Je suis de bonne humeur aujourd'hui. Pas parce que je suis quasiment en vacances et que ca annonce au mois 2 mois et demi de voyages dans une bonne partie de l'Amérique Latine. Non, aujourd'hui je suis allé voir, comme tous les jours, les nouvelles de France sur lemonde.fr, et la, ô bonheur, je vois en gros titre sur la première page : "Affaire des Chargés de mission de la Ville de Paris : Jacques Chirac mis en examen". Ouf ! on y arrive enfin ! Je me souviens encore quand, au moment de passer la main à petite crotte, tout le monde m'expliquait, désabusé, que ce cher M.Chirac ne serait jamais inquiété, et que j'avais tort d'être optimiste quant à l'indépendance de la justice en France, vu son rang et ses contacts au sein de l'appareil judiciaire. Il semble cependant que la suite des événements me donne raison, et que la Justice francaise n'est pas corrompue, loin de la. Tout citoyen, qu'il ait ou non occupé pendant 12 ans le poste de Président de la République, doit un jour ou l'autre comparaitre devant elle pour s'expliquer sur des actes réalisés en dehors du cadre de la loi et qui lui sont imputables. Il est bien évident que la mise en examen de notre ancien Président ne signifie pas qu'il ira en prison, mais c'est un acte symboliquement extrêmement fort et je reste persuadé qu'il sera jugé comme il se doit. J'appelle simplement tout un chacun a croire en l'indépendance et l'intégrité de la Justice francaise, et à cesser de l'acabler pour un oui ou pour un non. Cette réthorique s'inscrit dans la même catégorie que les attaques qu'elle essuie aujourd'hui avec la réforme de la Justice entamée par notre incompétente ministre de la Justice Rachida Dati (qui devrait normalement s'occuper d'assurer l'indépendance de la Justice tout en la rendant plus efficace). Je veux bien évidemment parler de la suppression d'un nombre non négligeable de Tribunaux de Grande Instance et de Tribunaux d'Instance sur l'ensemble du territoire, mais également de sa tendance à vouloir contrôler en permanence les magistrats, notamment relativement à sa décision de muter de force le Procureur général d'Agen Bernard Blais à six mois de la retraite. J'ai lu à ce sujet bon nombre de réactions de lecteurs du Monde qui ne comprenaient pas pourquoi la polémique était si forte, considérant la Justice comme une Institution sclérosée qui devaient se trouver sous les ordres du gouvernement, selon la conception de Mme Dati qui se pose elle même en "chef des Magistrats". Mais non, Mme Dati n'est pas "chef des magistrats" et non, on ne mute pas de force un magistrat, une Justice indépendante et efficace ne fonctionne pas comme ca. Si les magistrats bénéficient de l'inamovibilité, ce n'est évidemment pas par hasard, mais pour assurer leur indépendance. Ca serait trop facile de muter à un poste perdu un magistrat qui deviendrait gênant pour les petites affaires du Gouvernement. D'ailleurs Mme Dati a eu la présence d'esprit (pour une fois) de se raviser en mutant Bernard Blais sans le déplacer ! Tout cela pour éviter un recours de l'intéressé qui aurait très probablement gagné. Gageons que notre "chère" Ministre de la Justice continue sur une pente aussi glissante et se retrouve rapidement éjectée lors d'un prochain remaniement ministériel. C'est certain que ca n'est pas gagné, vu sa proximité avec le Président de la République, mais faute de mieux elle jouera en faveur de la grogne contre lui et assurera sa descente dans l'opinion publique plus rapidement que prévu.
Bref, tout ca pour dire que la Justice francaise n'est pas sclérosée et dépendante du pouvoir politique. Elle réussit même admirablement à préserver son indépendance et à faire front aux attaques de Sarkozy le néolibéral. Jusqu'à quand ? C'est là la question qui se pose aujourd'hui. Pour le moment soutenons la dans sa difficile résistance comme nous devons soutenir sans faille les employés des services publics et les étudiants dans la leur.
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