Vendredi 21 novembre 2008 5 21 /11 /Nov /2008 13:21
Par Vince - Publié dans : ensayo de opinión
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Mardi 18 novembre 2008 2 18 /11 /Nov /2008 09:00
Encore une paye que je n'avais pas écris sur ce blog... Et dire que j'avais promis de terminer mon récit de voyage an Amérique Latine ! Je dois avouer que la rentrée m'a quelque peu empêché de poursuivre cette tâche qui, soit dit en passant, est titanesque et un peu fastidieuse. Je ne promets plus de terminer le récit, mais je promet d'essayer... Si cela intéresse les quelques maigres personnes qui parcourent encore, de temps à autre, les pages de ce blog (au passage, manifestez-vous, ça m'aidera !).

En attendant, je reviens surtout à cette tribune en tant que socialiste. Et croyez moi, pour être et rester socialiste en ces temps incertains, il faut bien du courage ! Nous sommes aujourd'hui, au lendemain de l'affligeant Congrès de Reims, à la croisée des chemins puisqu'il nous faut, jeudi, désigner notre nouveau 1er secrétaire, celui ou celle qui succédera à François Hollande.

Et le choix est crucial. On parle ici et là de changement majeur, de rénovatgion nécessaire du PS, de renouvellement de l'éuipe dirigeante... En effet, l'idée est de ne pas prendre les mêmes pour recommencer les mêmes erreurs que précédemment.

Après le Congrès de ce week-end, à partir des 6 motions en lice ont émergé trois candidatures : Ségolène Royal, Martine Aubry et Benoît Hamon. Autrement dit, la victoire de Ségolène Royal lors du vote sur les motions (elle a reçu 29 % des suffrages, contre 24 % pour Aubry et 19 % pour Hamon) n'a pas réellement donné lieu à discussions, chacun défendant ses positions. A peine tenons nous une relative simplification avec le retrait de Bertrand Delanoë de la course, avec soutien (hier) à Martine Aubry.

Et pour être sincère, cette "simplification ne m'arrange guère". En effet, je considérait M. Delanoë comme étant le mieux à même de porter une rénovation du parti. En effet, il est un homme à poigne, probablement celui qui est le plus susceptible d'apporter la touche d'autoritarisme dont ont besoin tous les partis pour mener leur rôle d'opposant à la majorité sans verser dans un consensualisme mou qui a trop souvent miné le PS ces dernières années. Et puis, maire talentueux de la Capitale, il s'est entouré d'un certain nombre de jeunes cadres du PS (malgré le soutien de F. Hollande lui-même) qui pouvaient laisser présager un renouvellement générationnel.

Seulement voilà, M. Delanoë ne se présente pas. Il sort de lui-même de la course et cloture son parcours de bien mauvaise manière. A vrai dire il s'est grillé tout seul. Il n'a pas fait campagne, il n'a pas su rassembler. La crise, à la marge, ne lui aura peut-être pas servi. Mais cela reste secondaire, comme finalement l'échec de M. Delanoë est secondaire dans son retrait. Parce qu'il y a une stratégie là derrière. Le Tout sauf Royal, plus comunément appelé TSS, s'est mis en place et B. Delanoë a préféré donner toutes ses chances à Martine Aubry d'être élue à la tête du PS pour éviter que Mme Royal n'en prenne les commandes et intégrer lui-même, par retour d'amabilités, les instances dirigeantes du parti. Echange de bon procédé donc, B. Hamon restant à l'écart avec un projet qui ressemble plus au passé qu'à l'avenir. Il sera très probablement présent dans l'équipe dirigeante quel que soit le 1er secrétaire, car il incarne un courant qui est récemment monté en puissance au PS et qu'il faut bien évidemment représenter.

Face au front TSS, crédité d'une quasi-majorité puisque Aubry et Delanoë ont recueilli chacun environ 25 % des voix lors du vote des motions, il y a notamment Mme Royal. Arrivée en tête lors du vote des motions donc, elle a fait des propositions lors du Congrès de Reims qui ont été rejetées et mise aujourd'hui sur un plébiscite au sein du PS pour balayer les éléphants qui se liguent pour la contrer. Dans cette bataille rangée, elle paraît bien seule et, à vrai dire, un peu juste. l'arithmétique ne joue pas en sa faveur, et à l'entendre elle sait que la partie ne sera pas facile.

Mais dans ce rapport de force l'arithmétique n'est pas le seul critère. Un exemple ? Moi-même. Ancien soutien de B. Delanoë, je voterai, jeudi prochain, en faveur de Ségolène Royal. Plusieurs raisons à cet apparent revirement. Tout d'abord, je refuse de voter pour un 1er secrétaire qui n'incarne rien d'autre qu'une opposition à. Je refuse de confier mon vote à une formation qui se base sur un objectif profondément négatif et très peu constructif : empêcher S. Royal d'accéder à la tête du PS.

Deuxièmement, je ne veux pas de Martine Aubry comme 1er secrétaire. Pour le renouvellement du PS et l'émergence d'une nouvelle génération dans les instances dirigeantes, avouez qu'on aura vu mieux ! Martine Aubry est soutenue par M. Fabius, M. Delanoë par M. Hollande, le compte n'y est pas ! En face, Ségolène Royal a de très loin la meilleure équipe, avec notamment Vincent Peillon, Manuel Valls... et ne figure pas dans les instances dirigeantes du parti depuis 10 ans.

Donc voilà, je rallie Ségolène Royal en partie pour l'échec de B. Delanoë, qui m'a quelque peu déçu en s'abaissant à une stratégie stérile et peu opérante. Mais je rallie également et surtout Ségolène Royal pour le projet qu'elle porte, infiniment plus positif que ceux de ses compétiteurs, pour l'équipe qui l'accompagne, infiniment plus prometteuse, et je mise sur sa ténacité, qui me semble aujourd'hui la plus propice à mener le parti socialiste vers de meilleurs lendemains.
Par Vince - Publié dans : ensayo de opinión
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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /Sep /2008 19:40

            Le trajet de San Pedro de Atacama à Salta nous donne à voir des paysages particulièrement jolis. Le passage de la frontière entre le Chili et l’Argentine est toujours particulier. Ce sont des routes hautes perchées, sinueuses, qui se frayent un chemin dans la Cordillère des Andes. La montagne offre, à chaque virage, la surprise de paysages tous plus naturels les uns que les autres. Le trajet jusqu’à notre destination est assez long, nous dormons donc une bonne partie du trajet. Et puis on arrive bientôt à proximité de Salta. La route passe par une « quiebra », une vallée marquée par les ruptures au niveau des roches qui s’élèvent de chaque côté. L’un des éléments les plus connus de ces déformations rocheuses est la « montagne aux sept couleurs ».



Les plis géologiques ont regroupés des roches différentes, caractérisées par des couleurs distinctes. On observe du jaune clair, de l’orange, du rouge (avec quelques efforts), du vert… et puis pas grand-chose d’autre, parce que nous ne sommes pas là pour visiter la montagne mais ne faisons que passer. Le bus s’arrête tout de même, le temps que les passagers puissent prendre des photos, en essayant de n’avoir ni bâtiments, ni arbres, ni câbles électriques au premier plan…

            Nous voilà bientôt arrivés à destination, en fin de journée, ce dimanche 10 février. Nous avons fait une escale par Jujuy, une ville très touristique, comme Salta, juste le temps de prendre quelques passagers. Quand nous arrivons enfin à Salta il fait déjà nuit. Du terminal de bus, Alan et moi cherchons un centre internet. Pour rejoindre Jorge et Beatriz, qui sont déjà sur place, nous leur avons demandé de nous donner l’adresse de leur hôtel. C’est un Backpackers (une franchise d’hôtels à des prix corrects) dans le centre ville, à quelques blocs de la place d’Armes. Nous le rejoignons à pied. C’est cool de revoir Jorge, depuis le temps. Nous faisons la connaissance de Bea, espagnole de 27 ans en Amérique Latine pour voir Jorge. Il est déjà tard. Après avoir réservé une chambre, nous prenons juste le temps d’aller manger une broutille pas trop loin et retournons à l’hôtel. L’arrivée d’Arthur et de Val, qui ont eu quelques aléas de transport entre Uyuni et Salta, est prévue pour cette nuit. C’est donc un peu plus tard que nos deux amis débarquent finalement à l’hôtel. Ils arrivent exténués de leur voyage chaotique : gros problèmes de transports qui ont allongé la durée totale du trajet. Tout le monde est crevé et va donc rapidement se coucher pour profiter de la journée de demain, la seule que nous passerons à Salta. En effet, Jorge et Bea sont arrivés il y a déjà quelques jours et ont déjà visité la région. Ils doivent donc repartir avec Arthur vers l’est pour poursuivre le voyage. Moi j’ai prévu et planifié un voyage vers le sud de l’Argentine et jusqu’à la Patagonie.

            Ce lundi 11 février, nous sommes sur pieds en fin de mâtinée, repos oblige, après l’enchaînement des voyages longs et des escales courtes. Nous nous dirigeons vers le centre ville, pour visiter Salta. C’est une ville assez grande et fort sympathique. L’architecture est très marquée par l’art colonial.

 


La place d’Armes est relativement classique, toujours aussi parfaitement carrée et ornée, en son centre, de la statue d’un cavalier que nous ne connaissons pas. Jorge joue les guides, puisqu’il a déjà vu la ville. Il nous emmène sur une colline, accessible en téléphérique. Le trajet suspendu offre une vue d’ensemble somptueuse de la ville. Dans la cabine, une voix enregistrée sur fond de musique d’ambiance donne quelques informations touristiques. Arrivés en haut, nous découvrons l’un des centres touristiques de la ville. Un petit tour au sommet et nous nous asseyons à la terrasse d’un bar, qui bénéficie d’une vue de la ville surprenante.

 


La bière a un goût particulier. Plus fraîche, plus douce, meilleure comme elle peut l’être dans ces moments particuliers où vous avez comme un ineffable sentiment de bonheur, ces moments passagers d’éternité, où le temps se fige comme pour nous laisser profiter. Et comme les meilleurs moments sont souvent les plus courts, nous repartons bientôt vers le centre-ville, à pied, de l’autre côté de la colline. Nous traversons alors un quartier résidentiel, dans tout ce qu’il peut avoir de bourgeois, avant de retourner, en fin d’après-midi, à l’hôtel.


Ce soir, nous devons fêter les anniversaires de Val et d’une de ses amies. Elle voyageait au départ avec deux autres québécoises en Bolivie. Mais ces dernières ne voulaient pas s’aventurer jusqu’au salar d’Uyuni. C’est sûr que briser leurs ongles si délicats et tacher le cuir de leurs (trop) nombreuses paires de chaussures eût été bien dommage… Val nous avait parlé de leur fadeur intellectuelle, qui n’a d’égal que leur frivolité déconcertante. Hystériques, guindées dans leurs fringues trop bien ajustées, perchées sur leurs talons trop bruyants, elles semblent défiler pour Lacroix ou Dior à chaque fois qu’elles vont aux chiottes ! Effarant ! Bref, pas la peine de s’étendre, elles ne sont pas non plus insupportable mais il est clair que je n’aurai jamais d’affinités particulières avec elles. Étant prévenus des anniversaires, nous avons acheté quelques cadeaux « adaptés » aux personnes concernées. Un bouquin  sur l’histoire de l’Argentine pour Val et du vernis  et des limes à ongles pour son amie. Bon ok c’est pas de très bon goût, même un peu trop facile, mais c’était si tentant ! On en rajoute un peu en se peignant les ongles. Alors évidemment, aucun de nous n’est esthéticien, donc forcément le résultat est mitigé, mais ça passe. Le cadeau à l’air de leur plaire, en tout cas si elles ont saisi le foutage de gueule elles ont bien caché leur malaise. Pour le dîner, Val a prévu une spécialité québécoise : une bonne poutine ! Pour ceux qui ne connaissent pas, je donne la recette. Premièrement il faut faire des frites. Ensuite on rajoute une sauce dont je ne connais pas la composition (désolé, je peux vous donner un indice : elle est marron). Enfin, on ajoute du fromage râpé sur le tout. C’est léger, presque diététique, juste de quoi tenir le coup pour la soirée ! Petite soirée peinard. Bon moi je suis un peu préoccupé. Arthur m’a proposé de continuer avec lui et Jorge jusqu’au Brésil. En soit rien de dramatique, mais choisir entre le Brésil et la Patagonie… Cruel dilemme ! Ca fait déjà quelques heures que je me pose la question, et puis finalement je décide de ne pas partir seul en Patagonie et de continuer avec les deux autres couillons… Je ne ferais pas autant de difficultés que Julia dans mes choix de voyage ! En fin de soirée, Jorge, Bea, Arthur et moi allons au casino de Salta. Avant de revenir sur cette soirée, je dois vous faire part de mon expérience du casino. La seule fois où j’y étais allé, c’était à St Quay-Portrieux, face à la mer, un temps de rêve en plein été. Et en rentrant, une vision d’horreur ! Toute lumière du Soleil est proscrite, on entend que le bruit des machines à sous, de temps en temps des jetons qui tombent et toujours ces joueurs maladifs qui rejouent tous leurs gains machinalement. Ils gardent une main sur le levier, introduisent un jeton, actionnent le levier, voient qu’ils ne gagnent pas, introduisent un jeton, actionnent le levier… Un lieu bien étrange où se côtoient sans ménagement la petite bourgeoisie en vacances, qui est manifestement névrosée d’une vie douloureusement marquée par l’ennui, et les petites gens déjà ruinées et surendettées qui ne voient pas qu’ils creusent encore et toujours l’abîme sans fin de leur découvert. Et moi, dans tout cela, 18 ans tout juste passés et curieux de découvrir un des lieux qui m’était encore resté fermé jusque là, je suis complètement perdu, au moins autant que les 20€ que j’avais décidé d’y jouer, et je ressors dégoûté. Alors forcément, avec cette vision du casino, je ne suis pas très emballé. C’est sans connaître la manière de jouer des gens qui m’accompagnent ! Une sorte de « méthode communiste », basée sur le partage des gains. On dit souvent sans raison que l’union fait la force. Cette fois l’expression semble adaptée. A chaque tour de roulette, chacun joue 2-3 jetons et si quelqu’un gagne il partage les jetons avec les autres. Avec tout ça, sur les 40 pesos argentins (environ 10 €) misés au départ (10 par personne), nous en gagnons 120, soit 30 chacun. Nous décidons finalement de nous arrêter et de profiter du butin pour nous acheter une glace. Ok, c’est pas la grande fortune, mais on a vu la lumière du jour et on aura de quoi payer nos engagements après ! Nous retournons à l’hôtel avec l’idée de partir dès demain pour Posadas, vers l’est.

            C’est en fin de journée que Bea, Jorge, Arthur et moi prenons le bus vers Posadas, à quelques centaines de kilomètres à l’est. Voyage de nuit, loin de l’inconfort des bus péruviens et boliviens. Nous arrivons tôt dans la mâtinée à Posadas. C’est une ville qui borde la frontière paraguayenne. La ville la plus proche, Encarnación, se trouve à ½h-1h de route. Le gros attrait touristique de la région est la présence, depuis la frontière est du Paraguay jusqu’à la côte atlantique, d’une foule de missions jésuites. Nous ne sortirons finalement pas du terminal de Posadas et prendrons le bus directement en direction de Trinidad, célèbre pour porter sur son sol la plus vaste d’entre elles. Une première navette nous emmène donc jusqu’à la frontière où, une fois passées les formalités d’usage, toujours aussi lourdes, nous en prenons une seconde qui nous dépose au terminal d’Encarnación. Le changement avec l’Argentine est brutal, et nous avons bien du mal à nous dire que nous nous trouvons à seulement quelques dizaines de kilomètres de la frontière. La ville est plus désordonnée, l’air est plus sec et il fait plus chaud, notamment du fait du passage du fleuve Paraná, barrière météorologique naturelle. La population locale est nettement plus marquée par les traits indiens, l’Argentine étant un pays particulièrement européanisé sur le plan ethnique.


            On connaît très peu le Paraguay en France. Tout juste aura-t-on saisi, il y a quelques semaines, qu’un curé progressiste (Fernando Lugo, sur la photo) a été élu Président après une élection historique qui a vu la chute du candidat conservateur. A croire que les curés progressistes, ça existe !


Et puis il y a cette enquête, qui a consacré Asunción, la capitale, comme la ville la moins chère du monde. Et en effet, le pays est l’un des plus pauvres d’Amérique Latine. La monnaie, le guarani, du nom du peuple indien qui vivait ici à l’origine, est extrêmement faible et rien ne semble capable de faire décoller ce pays. Dès lors, on peut s’étonner qu’il fût l’un des plus dynamiques et des plus puissants du continent au début du XIXe siècle. A l’époque, son modèle économique lui fournissait un atout imparable pour se hisser plus haut que ses voisins. Et puis, de 1865 à 1870, une guerre est venue détruire cet empire naissant sur le nouveau continent. Une guerre sans nom comme il y en a toujours eu dans l’histoire des hommes. Une guerre qui a terrassé le si prometteur Paraguay pour le reléguer, pour tout le siècle suivant et probablement une bonne partie de celui-ci, en queue de peloton des pays sud-américains. Ce conflit, c’est celui de la Triple Alliance. Il a opposé le puissant Paraguay à trois de ses voisins : le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay. Les deux premiers voyaient d’un mauvais œil l’essor du Paraguay et voulaient s’étendre à ses dépends, tandis que le troisième n’a manifestement pas eu le choix de les suivre, coincé entre deux puissances plusieurs fois supérieures à lui. On ne voit pas bien comment le Paraguay pouvait gagner une telle guerre, opposé à une telle alliance. Et, de fait, il a perdu. 5 ans de guerre pour réduire à néant l’industrie prometteuse d’un pays, pour massacrer les 2/3 de sa population et annexer la moitié de son territoire, l’Argentine s’étendant au nord et le Brésil à l’ouest.

L’Uruguay n’y a rien gagné d’autre que sa propre survie. Inutile donc de s’étonner, même aujourd’hui, que le Paraguay paraisse désert (6 millions d’habitants pour 400 000 km²), pauvre et incapable de se développer. Du terminal d’Encarnación, nous avons une idée de ce manque de développement. Le bus que nous prenons pour rejoindre Trinidad est le pire dans lequel nous avons pu monter de tout le voyage : sièges éventrés, suspensions dans un état chaotique et dégradations en tout genre. Il nous emmène tout de même jusqu’à la mission sans encombre. Nous descendons et rejoignons l’entrée. Pas un touriste, pas un local à proximité. Juste un restaurant pas trop loin. Nous nous assurons de pouvoir manger en sortant de la visite et partons découvrir une part importante de « l’œuvre civilisatrice » de la colonisation dans ce pays.

Quasiment toutes les expériences coloniales ont intégré cette dimension de destruction culturelle locale pour lui substituer d’autres lois, d’autres us bien peu en accord avec les traditions des colonisés. Quasiment toutes les puissances coloniales ont utilisé ce prétexte de la « civilisation » pour détruire une culture et étendre la leur. Pour cette région du monde, ce rôle était assuré par des établissements jésuites qui capturaient des indiens pour leur inculquer la norme occidentale. Des ateliers de travail aux chapelles, des murs d’enceinte aux « cellules » des indiens, nous découvrons là que cette entreprise relevait plus d’un camp de concentration religieux que d’une œuvre de bienfaisance au profit des indiens. C’est une véritable petite ville, où l’organisation hiérarchique garantissait un statut privilégié aux jésuites, porteurs de la parole divine, et l’avilissement aux indiens, barbares qui devaient renier leurs origines pour trouver le chemin de la foi.


La chaleur nous étouffe littéralement alors que nous parcourons ces allées et ces ruines honteuses qui témoignent encore de la barbarie coloniale. C’est le moment de ne pas oublier que nous sommes, nous aussi, concernés par un passé abject et qu’il serait bon de travailler là-dessus. Finalement, pas grand-chose ne subsiste sur ce site. C’est certes le plus vaste, mais probablement aussi le moins bien conservé, et nous faisons bientôt demi-tour pour aller déjeuner dans ce restaurant que nous avons vu à l’aller. La visite du Paraguay s’arrête ici. Nous n’avons malheureusement pas le temps de poursuivre plus loin et repartons directement à Posadas. Après moins de 6 heures dans ce pays, nous quittons donc Trinidad, puis Encarnación, pour retrouver l’Argentine. Au pays des « Gauchos » les peaux sont plus claires, la vie plus facile et la terre moins rouge, peut-être pour n’avoir pas absorbé autant de sang dans les siècles passés.

            Nous voilà donc repartis sur la route après cette courte escale paraguayenne. Direction San Ignacio. C’est une petite ville argentine, qui abrite également une mission jésuite réputée. A la sortie du bus, il faut marcher un bon quart d’heure pour rejoindre le centre. De là, nous cherchons une auberge. Avant de trouver quelque chose de convenable et de libre, nous faisons quelques établissements. La soirée est déjà avancée quand nous sommes enfin installés dans une chambre. Nous décidons de sortir pour trouver un endroit où dîner. Sur le chemin, guidés par de la musique, nous nous arrêtons sur une place où se concentre pas mal de monde. C’est la façon dont on fête le carnaval ici. Modeste mais sympathique. De toute façon tout le monde est crevé et nous poursuivons notre recherche jusqu’aux abords du site de la mission jésuite. En face, une pizzéria recommandée par la gérante de l’auberge fera parfaitement l’affaire. Après le repas, retour dans le centre à la recherche d’un éventuel casino. Nos exploits à Salta nous motivent à continuer de tenter de faire fortune. Ca ne sera pas ce soir, il n’y a pas de casino à San Ignacio, sans grande surprise. Retour à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

            Ce matin, comme souvent dans ce voyage, on se lève tôt. Ayant consulté les horaires de bus pour Iguazú, notre prochaine étape, et ne voulant pas perdre de temps, nous avons décidé de visiter tôt la mission jésuite et de partir dans la foulée pour la ville tri-frontalière. A l’ouverture donc, nous voici à l’entrée de la mission.


L’expérience mitigée de Trinidad, avec des ruines très « ruinées » et, finalement, pas grand-chose à voir, nous ne nous attendons pas à quelque chose de monumental. Mais San Ignacio se révèle nettement mieux exploitée touristiquement. D’une part, le site est  mieux préservé, quelques bâtiments étant encore quasi entièrement debout et des ornements comme des mosaïques étant encore présents. On notera notamment la présence d’un cloître surprenant, avec en son centre un arbre magnifique.


L’agencement global des structures est proche de celui de Trinidad, avec des bâtiments collectifs de grande ampleur qui côtoient les locaux réservés aux ecclésiastiques, et, à l’écart, les « cases » à la surface limitée destinées aux Indiens. Les vastes espaces, s’apparentant à des cours ou à des places, sont nombreux, ce qui donne un ensemble très aéré. Les matériaux sont également similaires à ceux de la mission de Trinidad : de la pierre ou de la brique brune.

            D’autre part, l’exploitation touristique est plus développée, notamment par la présence d’une sorte de musée qui apporte quelques informations salutaires concernant la vie au sein de la mission et les grandes dates qui l’ont marqué. Les propos de ces informations sont cependant orientés, à mon sens, du mauvais côté. L’accent est mis sur les productions indiennes, de grande qualité, et sur les aspects glorieux, voire héroïques, de l’histoire de la mission. La présence des missions a donc permis aux Indiens de développer un art très élaboré et l’entente entre les missionnaires et les « missionnés » était telle qu’ils ont combattu ensemble pour défendre leur institution. Sans le couplet légitimant l’œuvre « civilisatrice », c’eût été parfait. N’oublions pas que l’art produit par les Indiens était dirigé vers la religion et les canons artistiques de l’Occident (tableaux religieux, copies d’œuvres maîtresses…) et que combattre aux côtés des missionnaires leur permettait surtout de survivre ! Par ailleurs, là encore, les dits « barbares » intégraient la structure de force et n’en sortaient jamais, restant cantonnés, pendant toute leur existence, dans une situation d’avilissement total. Même topo que pour Trinidad donc, mais avec une visite plus satisfaisante.

            En milieu de mâtinée, nous quittons le site. Nous rendant compte que le bus pour Iguazú vient tout juste de passer, nous nous arrêtons prendre un petit déjeuner pour attendre le suivant. Bien sympa, ce petit déj’ en terrasse. Une fois terminé, nous prenons finalement le chemin de l’arrêt de bus, c’est-à-dire du bord de la route. Cette région nord-est de l’Argentine est géographiquement très particulière, ce qui induit un sentiment tout aussi particulier qui émerge bien souvent en attendant le bus. La platitude du paysage est alors marquante, accentuée par des routes souvent rectilignes et des villes moyennes ou très réduites. Et puis il y a cette terre. Poussiéreuse, de couleur ocre, voire rouge au Paraguay. Elle marque chaque paysage, le climat sec empêchant le développement de la végétation. Le bus arrive. Nous prenons donc la route d’Iguazú, qui s’annonce comme une étape importante au vu de tout ce qu’il y a à y faire. Avec la proximité du Brésil, le cadre va changer et les vacances « découverte » cèderont leur place à des vacances « détente » qui ne seront pas de refus.

Par Vince - Publié dans : Voyages
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Mercredi 3 septembre 2008 3 03 /09 /Sep /2008 00:13
Ca y est ! La rentrée est arrivée ! Comme tous les ans, elle amène son lot de nouvelles mesures gouvernementales. Et comme toujours, à entendre les membres de l’Exécutif, tout va tellement bien qu’on peut se permettre de prendre une batterie de mesures qui pèsent bien lourd sur le budget de l’Etat, en tout cas au regard du bénéfice que l’on en retire. Première mesure phare du Gouvernement en cette rentrée 2008 : le fameux RSA (Revenu de Solidarité Active). Il est, à l’origine, destiné à ne pas décourager les Français à prendre un travail dans les cas où l’accession à l’emploi est synonyme de moins de revenus. En effet, le RMI, ajouté aux avantages, par exemple en matière de transports en commun, serais plus intéressant financièrement qu’un travail au SMIC. Alors on met en place la rallonge financière. Non sans mal en tout cas. M. Hirsch aura ramé pas loin d’un an et demi pour obtenir du Président de la République la mise en place de cette mesure. Il a été raillé de tous les côtés pendant tout ce temps, accusé de renier ses principes pour l’accession à un portefeuille ministériel. Tout cela n’est pas faux, mais, après tout, Hirsch n’est pas un politique et finit par parvenir à ses fins. Seulement voilà, il y a un problème dans tout ça. Cette belle mesure en faveur du pouvoir d’achat doit être financée. Et oui, les temps sont durs, la crise financière internationale est là et pèse lourd sur la croissance et les finances de l’Etat, et il faudra bien trouver les 4 milliards d’euros nécessaires à cette mesure. Et là, surprise : le chef de l’Etat choisit de taxer le capital ! On parle de « pied de nez », de « coup politique » du Président de la République qui coupe l’herbe sous le pied de l’opposition en l’empêchant de critiquer cette mesure. Comme si l’usage du mot « capital » faisait de cette mesure une mesure de gauche ! Rassurons tout de suite les électeurs (non encore déçus) de M. Sarkozy, leur champion n’est pas devenu un dangereux communiste. Car cette mesure n’a rien d’une attaque au système néolibéral, loin de là. C’est en fait une mesure de droite déguisée en mesure de gauche. Voyons plutôt. On taxe le capital, c'est-à-dire l’épargne, à hauteur de 1,1 %. Donc, l’impôt n’est pas progressif, mais régressif, tout le monde payant le même pourcentage pour financer le RSA. Ceux qui ont peu d’épargne se retrouverons avec encore moins et ceux qui ont une fortune garderont une fortune. On ne demande pas de ruiner les riches, mais de ne pas faire payer quelqu’un qui a passé sa vie à épargner une misère pour sa retraite et de compenser ce creux dans le financement du RSA par une légère augmentation de ceux qui disposent de fortunes en épargne et qui pourront continuer à jouir d’un niveau de vie égal. C’est ce qu’on appelle un impôt progressif, un impôt juste parce qu’il fait payer un peu plus cher les gens qui ont beaucoup d’argent et protège ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Mais cette non-différenciation entre les contributeurs n’est pas le meilleur ! Figurez-vous que les plus riches ne payeront pas un centime pour le RSA. Pour la simple et excellente raison que ce 1 % d’épargne a été intégré au bouclier fiscal. Donc une personne qui paye déjà 50 % de ses revenus ne contribuera pas au financement du RSA. Je récapitule. On fait payer tout le monde pareil, sauf les très riches qui ne payent rien. Et on dit ça de gauche !

Deuxième mesure du Gouvernement en cette rentrée : l’école. Le but de l’opposition n’est pas de s’opposer pour le plaisir, rappelons-le. Et sur ce point je vais nuancer mon propos. Commençons par les bonnes choses. Le programme de soutien scolaire. Je crois sincèrement qu’il était temps de le renforcer. Il permet de reprendre des éléments non ou mal acquis dans le cadre d’une attention personnalisée de l’enseignant. Le fait qu’il soit volontaire est une bonne chose, l’engouement apparent pour ce soutien lui donne de surcroît de la valeur. Dans le même ordre d’idée, le renforcement de l’apprentissage de l’anglais est salutaire pour une éducation française qui a trop négligé ce point, trop fier de sa propre langue, et trop frustrée de la voir reculer fasse à a langue de Shakespeare. L’anglais est indispensable et le niveau français est honteux. Tout ce qu’on fera dans le sens d’une augmentation est bon à prendre. Seule chose à ne pas oublier : la rémunération des enseignants. En heures sup’, c’est normal. Maintenant, les contenus. Je ne suis bien évidemment pas compétent pour juger de cela. On parle de se recentrer sur les fondamentaux. Attention à ne pas en rajouter sur l’« autorité » du professeur et à ne pas tomber dans la rengaine trop souvent reprise du « c’était mieux avant ». C’est faux. Ca n’était pas mieux avant. On dit que les professeurs savait se faire respecter, que l’autorité n’est plus ce qu’elle était, etc. Je ne crois pas que l’autorité découle de 20 minutes passées à genoux sur une règle carrée, ni de l’humiliation, ni de la violence physique. L’autorité, c’est d’abord le respect. Ok, c’est facile à dire, tout ne se joue pas entre le professeur et son élève, mais on ne peut pas infliger des châtiments corporels sous prétexte qu’on n’a pas les outils pour se faire entendre. Pour les contenus, même chose, ca n’était pas mieux avant, c’était même nettement moins bon. Le niveau global n’a pas baissé, il a même augmenté, alors arrêtons de rabâcher que la jeunesse part à la dérive. On n’a jamais eu autant d’étudiants en études supérieures et les compétences à l’arrivée sur le marché du travail progressent. Ce refrain conservateur est en fait une réflexion que l’on a entendu de tous temps et qui témoigne plus d’une prise en compte du déclin de la vieillesse que de la décadence de la jeunesse. Socrate disais déjà ce qui suit : "Notre jeunesse (...) est mal élevée. Elle se moque de l'autorité et n'a aucune espèce de respect pour les anciens. Nos enfants d'aujourd'hui (...) ne se lèvent pas quand un vieillard entre dans une pièce. Ils répondent à leurs parents et bavardent au lieu de travailler. Ils sont tout simplement mauvais." Autre élément concernant l’éducation : fin de l’école le samedi. Personnellement, je n’ai jamais eu d’école le samedi et je n’ai pas trouvé cela traumatisant, bien au contraire. Ca ne m’empêchera pas de réussir. Je pense qu’il n’y a pas dans cette mesure de quoi s’inquiéter réellement sur l’avenir de la jeunesse. Le gros point noir, ce sont les suppressions de postes. 11 000 en 2008. Plus d’élèves, moins de professeurs, moins de classes : cherchez l’erreur ! Voilà qui est préoccupant. Nous sommes en crise et la seule mesure du Gouvernement pour faire des économies tient à supprimer des postes dans l’Education Nationale, Service Public décisif pour l’avenir de notre nation. Tout cela ne va pas nous étonner, un Gouvernement de droite qui annoncerait plus de postes dans le service public, ça serait vraiment une première… Et en reprenant l’argument de l’autorité, je ne suis pas sûr que la baisse des effectifs joue beaucoup en sa faveur. Pas sur non plus qu’elle soit positive pour l’apprentissage. Donc voilà une batterie de mesures mitigées. Tout n’est pas mauvais, mais ce qui est certain c’est que les suppressions de postes risquent d’atténuer les effets positifs des mesures de soutien.

Troisième élément à noter : l’annonce à blanc de Mme Lagarde, ministre de l’Economie et des Finances, selon laquelle il pourrait être envisagé de réviser l’Impôt de Solidarité sur la Fortune. Cela dans le contexte de l’annonce du financement du RSA, comme pour rassurer une droite qui se serait sentie trahie par une mesure de droite. Par là-dessus, Mme Parisot, Présidente du MEDEF, annonce l’air de rien que la suppression de l’ISF serait une mesure positive pour l’économie. Rien de nouveau sous le Soleil, me direz-vous. L’ISF est une mesure que la droite n’a jamais digérée et il faudra bien, un jour, qu’elle vienne au secours de ces pauvres riches qui souffrent de tant de charges sur leurs maigres pécules. Mais voilà que quelques heures plus tard, M. Fillon, comme pour affirmer son autorité sur un Gouvernement qu’il n’a jamais dirigé, prend le contre-pied de sa ministre et exclut toute réforme de l’ISF. Ben oui, parce que là c’est la crise, et 4 milliards de moins ça fait plein, et on a besoin de sous, alors pas touche ! Réaction logique pour un gouvernant responsable. Si l’ensemble des mesures du Gouvernement n’avait pas tant d’incohérence, on y croirait presque.

Quatrième chose, et pas des moindres : la révision des RTT pour les cadres. La droite n’aime pas les 35h, elle les supprime donc partout. Logique. Sauf que là, il fallait mieux pas. Et oui, parce que les cadres, à part leurs 5 semaines de congés, ils n’avaient rien. Pas d’horaires, pas d’heures sup’. Et que dit la réforme déjà ? Elle dit que les cadres pourront travailler jusqu’à 235 jours par an. 235. 235. Faisons le calcul pour y voir plus clair. Il y a 365 jours dans l’année. Il faut d’entrée enlever 2x52 jours pour les week-ends, et 11 jours fériés. On trouve 365-104-11 = 250. Tiens ! On avait 5 semaines de congés payés avant la réforme, et il en reste… 250-235 = 15 ! Soit trois semaines, donc deux de moins. Economiquement, ça n’a aucun intérêt. Les cadres avaient un pouvoir d’achat assez élevé par rapport à la moyenne nationale. Ca veut dire que pendant les vacances, ils pouvaient encore partir, faire marcher l’économie, consommer. Maintenant ils auront des sous mais plus de temps ! Dommage. Et n’oublions pas la productivité. Déjà stressés parce que soumis à des rythmes déments (jusqu’à 45h/semaine sans heures sup’), ça ne va pas s’arranger. Dans cette mesure, il n’est pas compliqué, en sus, de voir une grave erreur politique du gouvernement. Les cadres sont majoritairement à droite, participent peu aux conflits sociaux… il aurait fallu les bichonner un peu. Mais non. Gageons qu’ils auront compris, en cette rentrée morose, que leur intérêt n’est plus dans le soutien du gouvernement mais dans l’action sociale, et je sens que les choses pourront changer un peu cette année.

Bien, récapitulons :

1. Nous affrontons en ce moment une crise financière internationale qui limite gravement les finances de l’Etat.
2. Les mesures déjà en place censées faire augmenter le pouvoir d’achat, notamment le bouclier fiscal, n’ont rien donné et ont grevé le budget de l’Etat de plus de 15 milliards d’euros.
3. On met en place un nouvel impôt sur le capital pour financer une mesure sociale, mais que les riches ne payent pas, c’est que pour les autres. Impôt injuste pour mesure juste.
4. On réforme l’éducation dans le sens d’un renforcement du soutien scolaire et d’une suppression de (11 000) postes.
5. On abat les 35h pour les cadres, majoritairement à droite, alors que les conflits sociaux s’annoncent durs cette année.
6. Et de manière transversale, le gouvernement annonce qu’il suivra ses réformes inutiles à la lettre, sans ne rien changer, même si le pays est en proie à une crise financière.

1+2+3+4+5+6 = une politique fiscale et budgétaire totalement incohérente + une année chargée pour le gouvernement sur le plan social

L’équation me paraît juste, la réponse dans quelques mois.
Par Vince - Publié dans : ensayo de opinión
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 23:13
Il est temps de fare un point sur l'avancement du voyage. Vous trouverez ici une carte qui détaille le trajet que nous avons suivi jusque là... Pour ceux qui découvrent le blog ici, lisez les articles précédents pour voir exactement par où nous sommes passés et tout ce que nous y avons vécu !


Par Vince - Publié dans : Voyages
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Mercredi 27 août 2008 3 27 /08 /Août /2008 22:14

            Après l’escale de deux jours à Potosí, nous reprenons donc la route en direction d’Uyuni, petite ville du sud de la Bolivie. Encore un voyage d’une dizaine d’heure. Les paysages qui défilent, d’une platitude surprenante, nous rappellent que l’on se rapproche du désert. Uyuni sera notre dernière étape bolivienne, déjà. C’est l’une des premières destinations touristiques du pays, sinon la première, pour les attraits essentiellement naturels qui l’environnent. Le plus connu, le salar, immense lac de sel, mais également plusieurs lagunes, des sources chaudes, un certain nombre d’espèces animales particulières à cette altitude (nous sommes encore proches des 4 000 mètres.

 

            L’arrivée à Uyuni est à vrai dire un peu flippante. On a l’impression d’entrer dans une véritable ville fantôme, avec son peu de relief, ses bâtiments simples et ne dépassant jamais 1 étage et l’impression que l’on a qu’elle est plantée au beau milieu de nulle part. Rapidement nous nous dirigeons vers un hôtel, trouvons sans difficulté une chambre très correcte et partons directement à la recherche d’une agence qui peut nous proposer un tour au salar. Une touche de chance nous en fait trouver une pas trop chère juste à côté de l’hôtel. Le départ est prévu pour le lendemain matin. Nous nous ajoutons donc à la liste des gens qui se sont déjà inscrits : trois canadiens, deux de Toronto et une du Québec, et un allemand.


 

Le lendemain matin, vers 10h, nous partons. Nos compagnons de voyage sont jeunes, légèrement plus âgés que nous, et ne parlent pas français. A la bonne heure ! Ça sera l’occasion d’améliorer un peu mon anglais approximatif après 6 mois d’espagnol. Tout le monde embarque dans le 4x4 qui doit nous emmener d’abord au salar, puis suivant un circuit le long duquel nous devons découvrir les perles du sud bolivien. Bon, comme Uyuni est une zone très touristique, on peut compter un certain nombre de groupes qui prennent le départ en même temps que nous. Tous ne feront pas le même parcours, pas à la même vitesse, ce qui va nous permettre de ne pas être 50 touristes à chaque halte. Pas plus mal.

 

            Le premier arrêt est un peu spécial, au bord d’une voie ferrée sur laquelle on n’a bien du mal à penser que circulent encore des trains. Et de fait, la zone alentour est un véritable cimetière ferroviaire, où gisent les carcasses rouillées et hors d’âge de vieilles locomotives et de vieux wagons.




On peut encore voir Uyuni derrière nous. Et devant, c’est déjà le salar qui s’annonce, sous la forme d’une ligne d’horizon immaculée et dont on ne voit pas le bout. Le ciel azur nous offre des contrastes de couleur surprenants, du bleu immaculé au jaune désert de la terre, en passant par le blanc du salar. Quelques photos plus tard, nous reprenons la route vers le salar proprement dit, avec une halte prévue au beau milieu pour déjeuner. Bientôt nous atteignons cet immense lac de sel, le plus grand de la région (il y en a un autre plus petit, près de San Pedro, au Chili). Le 4x4 s’avance alors sur une sorte de digue avant de réduire l’allure pour entrer sur le salar. Je parle de digue parce qu’en cette saison il est couvert d’une fine pellicule d’eau. La vue est spectaculaire.




L’eau lisse les aspérités du sel, et forme un véritable miroir liquide à la surface du salar. Au loin, le peu de relief que l’on peut distinguer se reflète parfaitement sur cette étendue parfaitement plane. Et puis si l’on baisse légèrement la vue, l’image se trouble sous l’effet des roues qui forment des vaguelettes à leur passage. Au niveau de la ligne d’horizon, la démarcation entre la terre et le ciel est indécelable et c’est un dégradé du blanc profond au bleu azur qui s’offre à nos yeux.



C’est tout simplement magnifique. Après une grosse heure de « route » sur le salar, 4x4 s’arrête près d’une bâtisse tout entière faite de sel. C’est un hôtel, fermé en cette saison. C’est ici que nous déjeunons. Steack de vigogne au menu. C’est un animal proche du lama. La viande est un peu dure et l’on ressent ce goût si particulier qui marque le gibier. Pas exceptionnel, mais ça passe. Une fois englouti ce déjeuner acceptable, nous reprenons la route vers le sud. En temps normal, nous aurions pu continuer plus loin dans le salar, jusqu’au l’île du poisson, mais la route que l’on raccorde normalement est fermée à cause des inondations. Nous faisons donc demi-tour pour prendre un autre chemin et partir vers le sud, jusqu’à un village où nous passerons la nuit avant de continuer vers les lagunes. Le trajet nous offre des paysages communs de l’altiplano bolivien, sous un ciel toujours aussi pur. Et nous voilà bientôt arrivé sur le lieu où nous allons passer la nuit. C’est une auberge au confort très correct. Des toilettes propres (du moins au début…), une salle à manger, où nous dégusteront un succulent repas (poulet-frites, classique mais bon), et des chambres, l’une d’entre elles étant mise à notre disposition. Tout se passe bien, jusqu’à ce qu’Arthur se sente mal. Eh oui, c’est le plus sportif d’entre-nous, celui qui ne fume pas, qui fait preuve de faiblesses physiques… Bon ok c’est peut-être beaucoup dire, vu que tout le monde a été malade au moins une fois pendant ce voyage, mais cette fois il n’y a pas de raison apparente (pas d’eau peu claire, une nourriture correcte). Donc notre néo-malade reste couché pendant le repas. Rapidement, voyant que ça n’est parti pour s’arranger et que nous devons repartir dès le lendemain matin, je préviens le guide, qui appelle un médecin. Et là nous voyons arriver une femme d’une rare incompétence ! Elle ne dit rien, ausculte Arthur et lui donne quelques cachets pour soigner les symptômes. Je lui demande si elle sait ce qu’il a, elle ne répond pas. J’insiste en demandant si ça pourrait être le mal de l’altitude, hypothèse peu probable vu que nous sommes à plus de 3 000 m depuis trois semaines, et elle baragouine que ça doit être ça. Bref, elle ne sait pas. Pas très rassurant tout ça. On attendra de voir ce que ça donne demain, en espérant qu’on ne devra pas repartir sans Arthur.

 

            Au réveil, mauvaise nouvelle, notre Lyonnais préféré (bon ok c’est le seul, mais du coup c’est aussi le préféré) est encore mal en point. Il s’est réveillé plusieurs fois cette nuit, a fait quelques allers-retours aux toilettes, pas bon signe. Il pense qu’il ne pourra pas reprendre la route et se résout finalement à rester là, espérant qu’une voiture passera rapidement sur le chemin du retour pour rejoindre Uyuni et partir directement de là-bas en Argentine, où nous nous rejoindront. Pas facile de le laisser là. C’était mieux avec lui. Evidemment. J’avais bien pensé à rester avec lui, pour être sûr que ça se passe bien, qu’il s’en remettrait, qu’il ne se perdrait pas. Et puis j’ai estimé le prix de mon amitié avec lui, et j’en ai rapidement conclu qu’elle ne valait pas le prix du tour ! (quoi ? Je suis pas crédible ?). Au final, dans la perspective de se retrouver à Salta, et avec bon espoir qu’il y aura des transports dans la journée (des 4x4 partent tous les jours, ils doivent bien revenir !), nous repartons tout de même, plus légers qu’au départ d’un peu plus de 70 kg… Nous poussons donc un peu plus loin l’excursion. Bientôt nous nous arrêtons de nouveau, cette fois au niveau d’un champ de roches, au beau milieu du désert. L’une d’entre elles, la plus connue, porte le nom de « condor » pour sa forme atypique, qui semble dessiner deux ailes majestueuses comme le sont celles de l’emblématique charognard.

 



Séance photos, à nouveau. Tout le monde veut se faire prendre devant la star minérale. En tentant de monter sur un rocher un peu plus haut que les autres, je suis trahi par mes chaussures trop mal serrées et glisse petit à petit jusqu’à m’écrouler lourdement sur le sol caillouteux alors que ma chaussure reste sur la prise que j’avais trouvé… J’ai eu de la chance. J’aurais pu me faire mal, mais je suis tombé entre les pierres qui jonchent le sol et ne me suis que ruiné la cuisse. Incident de parcours sans grande conséquence. Nous repartons. L’escale suivante nous arrête devant une lagune, sans couleur particulière mais peuplée de flamants roses. A environ 4 000 mètres d’altitude, le froid est saisissant. Il y a du vent aussi. Au loin, un volcan majestueux nous guette de son cratère fumant. Il est assoupi et c’est aussi bien qu’il le reste… La faim commence déjà à nous chatouiller l’estomac. Ca tombe bien, le déjeuner est prévu à la prochaine halte. Nous nous arrêtons encore une fois dans un paysage rocailleux mais ce sont, cette fois, de véritables immeubles de pierre. Au milieu de nulle part, avec pour seule compagnie le vent qui les grignote peu à peu, ces colosses de roche procurent au paysage juste ce qui lui manque de relief. Bien sûr, à l’horizon, quelques montagnes et volcans isolés sont toujours présents, mais alentour du « village rocheux », c’est une platitude hallucinante qui nous accueille. Il règne une ambiance d’une rare pureté dans ce désert. Le ciel, toujours aussi clair, tranche radicalement, de sa légère teinte bleutée, avec l’ocre du sol et la blancheur des sommets lointains. Entre les rochers imposants s’en élève un pour le moins surprenant : « l’arbre de pierre ».



Tout comme le « condor », il est très réputé et figure sur bon nombre de cartes postales à Uyuni et jusque dans toute la Bolivie, comme un symbole à lui tout seul des richesses naturelles de ce pays délirant. Comme son nom l’indique, il ressemble à un arbre. Bon, bien sûr, ce n’est pas un chêne, ni un érable, il ne s’apparente à aucun arbre connu mais sa base est singulièrement plus fine que son sommet, et la roche semble en équilibre instable sur le sol désertique sans que rien ne semble pouvoir le déloger d’ici. Après avoir englouti le déjeuner, nous repartons déjà pour continuer le parcours que nous devons suivre, jusqu’à ce qui fut probablement le plus marquant de ce tour : la « laguna colorada » (la lagune colorée).



Outre sa franche teinte rouge-orangé, ses abords sont envahis de borax, un minéral blanc. C’est surprenant. J’ai déjà plusieurs fois souligné l’importance des contrastes de couleurs dans cette région, mais la lagune colorée les enrichit encore. Son orange profond entre en conflit avec la blancheur du borax, elle-même tranchant avec l’ocre des berges et du sol environnant, qui à son tour côtoie sans ménagement les cieux inchangés. Si nous n’étions pas un certain nombre dans ce paysage hors du temps, un sentiment de solitude profonde nous assaillirait probablement. Le vent, toujours aussi frais, souffle toujours aussi fort et alimente encore l’austérité du lieu, qui semble hostile à la vie, malgré les flamands qui pataugent encore au sein de la lagune et s’éloignent prudemment lorsque nous nous approchons.




Et puis c’est l’heure de reprendre la route, d’abandonner cette lagune aux couleurs chatoyantes pour rejoindre une nouvelle auberge où passer la nuit. Il n’est certes pas tard mais la journée de demain sera longue. Il faudra nous lever à 4h30 pour découvrir les raretés que peut encore nous offrir le sud bolivien. Une fois arrivés, nous prenons une douche salutaire, chauffée au bois, en échange d’un léger supplément. Puis c’est un moment de détente. On joue aux cartes, aux échecs (ce pauvre brésilien qui menait si largement et qui fini par perdre doit encore s’en rappeler !), on fait plus ample connaissance. J’apprends que les Canadiens anglophones sont deux amis qui ont fait un break dans leurs études pour voyager. L’un d’eux a vécu presque toute sa vie en Indonésie et se destine à la médecine, l’autre cherche du travail. Une affinité particulière se développe avec la Québécoise, Valérie. La francophonie est décidément une grande famille. Elle voyage un temps avant de rejoindre Buenos Aires, où elle doit faire un semestre universitaire dans une université catho sur-réac. Elle a bien du courage. Je compte sur elle pour enclencher une Révolution socialiste dans l'antre du conservatisme religieux... La capitale argentine étant sur notre chemin, nous prenons rendez-vous dans quelques semaines. Et puis mine de rien la journée a été bien remplie, et, après quelques bières achetées dans une boutique de l’auberge, nous nous couchons finalement pour reprendre quelques forces.

 

            Le réveil a sonné tôt ce matin, comme prévu. Le lever est douloureux. Ces lits au sommier de pierre n’étaient pas si mauvais, après tout. Tout le monde repousse au maximum la sortie de la chambre, vu la température d’une froideur déconcertante au dehors. Pour moi, qui ai quelque peu de mal à supporter les températures extrêmes (où est donc passée ma douce Bretagne ?), c’est un véritable calvaire. Les engelures aux pieds ne se font pas attendre, même après le départ. Peu à peu le ciel s’éclaircit à l’est, là où bientôt émergera l’astre solaire, mon sauveur ! Les contrastes de couleurs ont cette fois laissé place à un magnifique dégradé de bleu cantonné à la voûte céleste. Les alentours terrestres sont plongés dans les ténèbres, mais le spectacle du ciel est magnifique à lui tout seul. Il est ponctué, ça et là, de quelques étoiles produisant suffisamment de lumière pour se maintenir face à la lente invasion de la lumière du jour. Bientôt il n’en reste qu’une, Jupiter, visible en tout début de matinée en cette saison. Elle donne un caractère particulier à ce vide sidéral.




Alors que nous commençons à pouvoir distinguer les visages transits et fatigués des uns et des autres, nous nous arrêtons. Une énorme colonne de fumée s’élève non loin de là. C’est un geyser. La pression est suffisamment forte pour projeter le nuage sorti des entrailles de la terre plus haut qu’une hauteur d’homme.




Je m’approche, tend la main, prend la pose. Et puis je m’avance vers le reste du groupe, amassé un peu plus loin pour observer je ne sais quoi. Dans de petites crevasses bouillonne allégrement un liquide boueux. La fumée qui s’en dégage témoigne de la chaleur qui s’en échappe. Là encore, photos, poses, et rapidement retour au 4x4 pour limiter les morsures du froid. Ce qui nous attend pourrait sembler réjouissant, mais je n’aurai pas le courage d’en profiter ! Quelques kilomètres plus loin, les guides ont prévu de nous faire goûter à l’eau d’une source chaude pendant qu’ils préparent le petit déjeuner.



Une rangée de 4x4 se gare rapidement le long d’une bâtisse et tous les guides s’affairent pendant que quelques courageux entreprennent de se jeter à l’eau. Après les rictus horrifiés du déshabillage, c’est le réconfort du contact de l’eau chaude qui marque leur visage. Moi je pense trop à la sortie douloureuse qu’il faudra bien assumer à la sortie, et me contente de fumer une clope au bord du bassin. J’y aperçois mes colocs allemands, déjà rencontrés à Cuzco et dans le centre d’Uyuni. Ils ont fait un parcours similaire au nôtre, à part le nord-Pérou. Je m’étonne encore que le monde soit si petit et discute quelques instants avec eux. Je ne les reverrai probablement plus, ils doivent rentrer à Valparaíso pour la mi-février avant de repartir pour l’Allemagne. Pour être honnête, ils ne me manqueront pas tant que ça. Enfin eux si, mais pas leur rigidité. Du ménage au sexe, on pourra dire qu’ils nous auront contraints à un certain nombre de concessions à la maison. Ni Rom ni JB ne me contrediront là-dessus. Pendant ce temps, le jour a fait son chemin, et la lueur intense qui teinte l’horizon ne trompe personne sur le réveil imminent du feu solaire.




Il est temps ! Depuis que l’on s’est arrêté, je souffre à nouveau d’engelures insupportables et j’attends avec impatiente que le Soleil y remédie. En tournant la tête vers la colline qui s’élève dans notre dos, nous apercevons alors sa partie haute s’illuminer. La lumière dorée parcoure dès lors la pente douce, formant un contraste saisissant avec l’ombre qui règne encore sur la base. Et puis, rapidement, le Soleil apparaît lui-même à l’opposé, et la colline entière est illuminée.




Notre guide nous appelle, le petit déjeuner est prêt. Ca fait du bien. Après cette escale revigorante, nous repartons enfin, cette fois sur le dernier tronçon du tour à Uyuni, vers la frontière boliviano-chilienne.




Alan et moi seront les seuls du groupe à opérer le transfert pour rejoindre San Pedro, côté chilien. Les autres repartent en sens inverse vers Uyuni. Nous retrouverons cependant Val à Salta, a priori. Un adieu aux autres, une pensée à Arthur en espérant qu’il aille bien et qu’il ait trouvé de quoi rentrer sur Uyuni, et nous voilà repartis sur les terres chiliennes que nous avons quitté depuis déjà un mois et une semaine.

 

            San Pedro de Atacama n’est pas loin de la frontière, une petite heure route, gonflée comme toujours par le temps passé (perdu) à la frontière. Rapidement, nous pouvons apercevoir la ville, de taille réduite et complètement perdue au cœur du désert, à l’horizon. Pour l’atteindre, la route est parfaitement rectiligne comme elle peut l’être dans ces régions désertiques. Une fois passée la partie chilienne de la frontière, nous entrons finalement dans la ville.



Il n’est pas prévu que nous y restions longtemps, étant donné que nous devons rejoindre Arthur à Salta le lendemain. Jorge, un Espagnol de Valparaíso, sera là également avec une de ses amies pour poursuivre le voyage avec Arthur jusqu’au Brésil. A l’arrivée, notre préoccupation première est de trouver un endroit où passer la nuit. Et c’est avec une certaine déception que nous faisons les frais du retour au Chili. Le simple fait que la ville soit chilienne, mais aussi sont importance touristique certaine, font que les hôtels sont certes nombreux, mais les chambres libres rares et chères. Tellement rares et tellement chères que nous décidons de dormir sous la tente, dans le jardin d’un camping. Ma tente a eu le temps de souffrir depuis le temps que je ne m’en suis pas servi, et la monter est un véritable calvaire. Et le résultat est d’ailleurs affligeant…

 


Il n’y aura pas grand-chose d’autre à signaler du reste de cette courte escale à San Pedro de Atacama. Une soirée au bar, de l’artisanat, beaucoup de temps passé sur Internet, mais aucune activité touristique. En effet, les attraits de la région sont assez proches de ceux que l’on vient de voir en Bolivie : salar, lagunes, geysers… Il y a bien la vallée de la Lune, à ce qu’il paraît magnifique, et la mine de Calama, la plus grande du monde, à une centaine de kilomètres. Mais le temps nous manque et nous préférons rester dans le centre de San Pedro. Dès le lendemain donc, nous prenons les billets de bus pour Salta, première étape argentine du voyage. Le prix est douloureux, mais il faut faire avec. Et nous partons donc le jour même pour 17 heures de voyage en bus, dans l’optique de retrouver Arthur, Jorge et son amie, Beatriz.

 

(Toutes les photos de cet article, du précédent et quelques autres sont dans l'album "Bolivie", disponible sur la partie gauche du blog).

 


Par Vince - Publié dans : Voyages
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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 21:01

               Prendre le bus pour Copacabana est comme une bouffée d’air après l’expérience désastreuse de Puno. Bon, évidemment, le confort n’est toujours pas le point fort du trajet, pas plus qu’il ne l’a été jusque là, mais la route contourne le lac Titicaca et c’est une suite de paysage splendides qui nous accompagnent. Ce lac, probablement l’un des plus connus au monde, et qui nous a tous fait rire pour son nom, que les enfants trouvent ridicule, nous impose maintenant le respect. Il règne alentour une ineffable sérénité, extra-spatiale et extratemporelle. Ses eaux parfaitement calmes, parsemées sur les côtes de « totoras », y sont probablement pour beaucoup, de même que l’air pur de l’altitude et son froid glacial et sec. Une fois passée la frontière à pied (il nus a fallu sortir du bus pour en prendre un second par la suite), nous ne tardons pas à arriver à Copacabana, cité très touristique, nichée au fond d’une baie. C’est une ville agréable, qui s’intègre parfaitement au décor naturel, contrairement à Puno l’Affreuse.

 

 

Ses bâtiments colorés lui donnent une touche pittoresque que l’on ne trouve nulle part ailleurs au bord du lac. La place d’Armes est particulièrement belle, ou plutôt la cathédrale qui s’y élève. Elle est entièrement blanche, resplendissante de pureté. Passée la vaste cour intérieure, vient la cathédrale en elle-même, surmontée d’un dôme splendide. A l’intérieur, les couleurs vives de la peinture qui recouvre les murs et le plafond tranchent nettement avec l’austérité de la plupart des églises françaises.

 

 

Nous trouvons rapidement un hôtel dans le centre-ville. Il nous donne le ton en matière de confort en Bolivie. Certes, il n’est pas cher (2€ la nuit), mais la prestation nous donnerait presque l’impression de nous faire voler. Les chambres sont sommaires mais ce n’est pas le pire. Les draps sont manifestement peu ou pas lavés et regorgent de charmants mais voraces compagnons… Je trainerai pendant près de trois semaines des morçures fort désagréables d’un quelconque insecte local. Autre point un peu limite : la douche. Parce qu’en réalité il n’y en a qu’une, alors que l’hôtel compte probablement une centaine de lits. Heureusement que nous n’étions pas nombreux et que nous avons pu prendre une douche sans attendre. Je n’ose pas imaginer la situation en pleine saison.

 

               Après une « bonne » nuit de sommeil dans le Caesar’s Palace de la Bolivie, nous décidons de passer la journée sur l’île du Soleil. Celle-ci est naturelle, pas comme les radeaux infâmes de Puno. Et puis elle est très réputée pour ses paysages magnifiques et compte des ruines de l’empire inca. 1h30 de navigation sur le lac suffisent à nous y conduire, et nous arrivons en fin de mâtinée.

 

 

Le temps est magnifique, ce qui nous met en parfaite condition pour admirer ce petit joyaux au cœur du lac Titicaca. L’île, très vallonnée et parcourue de part en part de sentiers et d’escaliers de pierre, me fait penser à la Crète, avec sa végétation clairsemée. La faible population se concentre exclusivement sur les côtes et l’activité économique semble toute entière dédiée à l’accueil des touristes, entre restaurants et hôtel aux prix exorbitants. Depuis les points les plus hauts, on peut distinguer nombre de criques qui semblent chacune totalement isolées. Pas moyen de se perdre, vu la forme très allongée qu’elle prend. Tout au plus deux sentiers serpentent, longeant la côte. Nous n’auront pas le temps de parcourir l’entièreté du circuit, qui part du sud pour rejoindre le nord et atteindre le Temple du Soleil, une ruine inca, avant de revenir vers le point de départ.

 

 

Nous voulons être sur Copacabana en fin de journée pour le Carnaval et il n’y a qu’une seule navette jusqu’à la ville en fin d’après-midi. Nous quittons donc l’île à l’heure prévue, après avoir profité de la bataille d’eau de circonstance en période de carnaval. Dès l’arrivée nous prenons la mesure de ce que représente le carnaval pour une petite ville comme Copacabana. C’est l’évènement de l’année. Pendant trois jours, depuis 9-10h du matin et jusqu’à 2-3h du matin suivant, selon un circuit qui traverse toute la ville, depuis le port jusqu’à la place d’Armes, c’est un défilé sans fin de costumes tous plus colorés et plus excentriques les uns que les autres qui inondent la ville sur fond de musique traditionnelle.

 

 

Les trottoirs sont surchargés de passants qui admirent le spectacle et de vendeurs de nourriture en tout genre, pas toujours appétissante mais toujours aussi bon marché. Dans la rue principale, en face de la cathédrale, une tribune a été montée où siège tout le gratin de la ville, le maire en bonne place accompagné d’une foule de suivants tous plus guindés les uns que les autres. Il semble que nous ayons eu de la chance pour les conditions climatiques, optimales à cette heure alors que la veille nous avions essuyé une averse orageuse et que la ville n’avait pas été ravitaillée depuis un certain temps à cause des pluies diluviennes. Il semble que la saison des pluies est particulièrement forte cette année, puisque nous avons vent d’un nombre important d’inondations à travers le pays, même si nous n’en avons pas vu une seule. L’après-midi passe relativement vite dans cette ambiance festive et bientôt le Soleil termine sa course pour se coucher sur le lac. Le carnaval ne s’arrête pas pour autant, je ne comprends même pas comment ont pu défiler un nombre aussi important de personnes

 

 

 

Au détour d’une rue, alors que la nuit est déjà quasiment là, nous croisons deux potes d’Arthur, de l’INSA de Lyon, Matthias et … Ils reviennent d’un trek sauvage sur l’altiplano bolivien. Avec leur tête de roots et leurs fringues boliviennes, ils se fondent parfaitement dans le paysage ! Nous passerons donc la soirée à discuter avec eux en profitant des activités nocturnes du carnaval. L’une d’entre elle, somme toute assez informelle, est assurée par une fanfare dont les membres semblent avoir un joli coup dans le nez. Bon ok, ils sont ronds comme des barriques et ont bien du mal à soutenir leurs instruments parfois pesants. Mais au final ça rend pas mal au niveau musical, après tout c’est pas un orchestre philarmonique ! Sur la place d’Armes, un groupe d’anonymes s’improvisent ingénieurs pyrotechniques. Alors évidemment ça donne quelques résultats sympathiques, mais je pense que la sécurité d’usage n’est pas très présente, notamment quand c’est un gamin qui ne semble pas avoir plus de 12 ans qui allume une fusée. Pour le timing, c’est pas toujours ça non plus. Mais c’est tout ça qui donne au carnaval son côté populaire et très agréable. De l’autre côté de la place, les défilés continuent. Néanmoins, le pas n’est plus aussi sûr que dans la journée. Nous remarquons que des gobelets sont offerts aux musiciens. L’un d’eux nous en offre un : c’est de la niaule ! Ceci explique cela. Au final l’heure a tourné très vite pendant ce carnaval, et c’est complètement exténué que je constate qu’il est déjà 2h, et que, le départ pour La Paz étant prévu le lendemain matin, il va falloir aller se coucher. La perspective de mon lit d’hôtel de m’enchante pas spécialement mais pour quelques heures ça fera l’affaire.

 

               Quel bonheur de quitter l’hôtel miteux de Copacabana ce matin pour rejoindre l’arrêt de bus ! En retard, comme d’habitude, nous ne le prendrons finalement qu’aux alentours de midi, patientant tranquillement près du bus qui se remplit petit à petit. La soirée d’hier a laissé quelques traces sur Copacabana, et pas mal de gens ont dû se réveiller avec un léger mal de crâne. Après 2-3h de bus, nous arrivons à la capitale bolivienne. L’arrivée elle-même est assez impressionnante. La ville étant coincée dans une cuvette à 4000 mètres d’altitude, on en a, une fois passée la banlieue, une vue d’ensemble spectaculaire.

 

 

Dès arrivés au terminal de bus, un taxi nous emmène à l’hôtel où nous avons prévu de nous arrêter. Juste le temps de déposer les affaires et nous ressortons à la recherche d’un endroit où manger quelque chose de rapide, pour avoir le temps de visiter un peu la ville dès aujourd’hui. Nous sommes arrivés assez tard dans l’après-midi, donc nous engouffrons rapidement un sandwich avant de nous diriger vers un mirador qui doit nous donner une vue de la ville surprenante. Et ce n’est pas décevant. Vue d’en haut, La Paz est réellement surprenante, et étonne surtout par le nombre de ses immeubles, qui s’élèvent dans le centre ville. On distingue également le stade, et bien évidemment les montagnes environnantes.

 

 

Après ce bref passage par le mirador, nous retournons vers la partie basse de La Paz pour visiter un premier musée. Particulièrement réputé, le musée de la coca n’est pas prétentieux mais très intéressant. On y découvre toutes les vertus de cette plantes extrêmement prisée des populations montagneuses, entre autre la résistance à l’effort, l’augmentation des capacités pulmonaires, la nutrition… Et surtout, une bonne partie du musée est consacrée à mettre à mal le préjugé extrêmement répandu (jusque dans les normes internationales de régulation de la production de coca) selon lequel la feuille de coca serait une drogue. La plante en elle-même n’est pas une drogue, se sont ses dérivés, et notamment la cocaïne, qui en sont. Nous repartons convaincus. Il ne nous reste déjà que peu de temps dans cette première journée à La Paz. Le temps d’un bon resto et nous allons faire un tour en ville avant de rentrer à l’hôtel. La journée de demain s’annonce prometteuse, avec notamment le carnaval de La Paz. Vu l’engouement populaire suscité par le carnaval jusque dans les plus petits villages du Pérou, la perspective de connaître celui de la capitale bolivienne est assez excitante.

 

 

               Ce matin, en sortant de l’hôtel, nous nous dirigeons directement vers le centre ville pour voir sous quelle forme se célèbre le carnaval ici. C’est une véritable guerre civile ! Une guerre civile où les champs de batailles ne sont autres que les rues de la ville, les belligérants tous ceux qui se trouvent dans la ville pendant ces quelques jours et les projectiles des bombes à eau et de la neige artificielle ! Toutes les rues du centre sont fermées à la circulation et protégées par des barrières métalliques. Des tribunes ont été montées ça et là pour ceux qui ne souhaitent pas participer au combat mais veulent profiter du spectacle. Vu le nombre de parapluies et de ponchos en plastique qu’ils portent, ils savent qu’ils seront souvent la cible des carnavaliers. Ces derniers grouillent littéralement dans les rues protégées, bombardant de tous les côtés n’importe quelle personne qui passe à portée de tir. On peut observer un mouvement général dans un sens précis, mais il n’y a pas de règle dans cette bataille dérangée, où tout le monde se croise, s’asperge et s’observe d’un regard suspicieux.

 

 

Rapidement nous comprenons qu’il va falloir nous protéger pour ne pas terminer totalement trempés en moins de 5 minutes. Nous achetons quelques bombes de neige artificielle, des ponchos en plastique, et partons au combat ! L’ambiance de fête et la bonne humeur sont contagieuses, et nous voilà rapidement complètement accrocs de cette façon de célébrer le carnaval. Nous nous frayons un chemin dans la masse, et réussissons finalement à nous en extraire pour rejoindre une ruelle où, semble-t-il, se trouve le musée de la musique. Petite parenthèse dans cette journée guerrière. C’est l’un des meilleurs musées que nous aurons visité pendant le voyage. Des instruments de musiques traditionnels de Bolivie et du monde entier en remplissent les vitrines. On remarquera notamment les flûtes de pan gigantesques, les banjos en carapace de tatou et les saxophones en bois.

 

 

Une fois la trêve terminée, nous retournons sur le front. Jusqu’aux militaires s’amusent à me bombarder, par-dessus le mur d’enceinte de leur caserne. La journée se terminera tranquillement, autant qu’il est possible en cette période de carnaval.

 

 

               Dès le lendemain, nous repartons de La Paz, la tête encore pleine des folies carnavalières. Le bus nous emmène vers Potosí, ville minière déjà bien au sud de la Bolivie. « Ville minière », ça n’est pas peu dire ! Elle s’est construite, durant l’époque coloniale, à proximité du mont Potosí, regorgeant de ressources minières, parmi lesquelles de l’argent, du plomb et du nickel. Après 400 ans d’exploitation continue de cette montagne magique, la mine est toujours exploitée. Bon, il est certain que les métaux qui en sont extraits ne sont plus de la même qualité que par le passé, mais les prix actuellement élevés des cours permettent de faire travailler 17 000 mineurs.

 

 

La légende veut que l’Inca ait « senti » les richesses que renfermait le mont Potosí avant même l’arrivée des Espagnols, alors qu’il passait à proximité pour recevoir des soins. Il aurait déclaré que cette montagne ne serait pas exploitée par son peuple parce que ses richesses étaient destinées à d’autres. Il semblerait que notre Elizabeth Tessier nationale a du sang inca dans les veines ! On a dit plus tard, peut-être avec un peu plus de vérité, qu’il aurait été possible, grâce aux minerais extraits de cette mine, de construire un pont d’argent depuis Potosí jusqu’à la métropole européenne. Et bien évidemment, toutes ces légendes sont révélatrices d’un passé plus que glorieux de la ville de Potosí, comme en témoigne le nombre impressionnant de bâtisses coloniales aux façades outrecuidantes qui marquent encore ses rues étroites et sinueuses. Mais cette gloire passée, que le temps, marqué par les vicissitudes du prix des métaux, a largement érodé, cache mal aujourd’hui la misère latente et en constante progression. A l’arrivée, nous nous installons dans la première auberge que nous trouvons, au confort correct. Un petit tour dans les rues de la ville nous donne un aperçu de ce qu’elle est. Perchée sur une colline, ses places et ses rues sont charmantes, mais y règne irrémédiablement un parfum amer de « ville minière », cet espèce de virus qui touche toutes les villes construites pour et par une mine et les promet, dès la fin de l’exploitation du sol, à une mort certaine. La visite de la mine, le jour même, va confirmer ce premier sentiment.

 

 

l faut dire que nous avons de la chance d’être tombés sur notre guide. Ancien mineur lui-même, il est l’un des premiers à avoir exploité l’attrait touristique de la mine. Il nous raconte les conditions de travail dans la mine, exécrables. Loin des mines de cuivre chiliennes et leurs réseaux de galerie ultra-modernes où circulent jusqu’aux camions énorme d’acheminement des matières extraites, celle-ci est constituée de véritables galeries de taupes. Accidentées, enrochées, étroites au sol comme au plafond, elles constituent un dédale de martyr pour les mineurs qui doivent évoluer en son sein le dos voûté et les jambes pliées. Un tronçon est même marqué par une voûte en pierre datant du XVIIe siècle.

 

 

Nous faisons un arrêt dans l’antre du Tío, le Dieu des mineurs. Chargé de leur protection dans la mine, il est représenté par un pantin de papier mâché à l’effigie du Diable, du fait de la position souterraine de son domaine d’influence. Étrange ambiance au cœur de cette mine où Diable se fait Dieu pour protéger des mineurs pourtant trop souvent terrassés dans la fleur de l’âge par les fléaux inhérents à leur lieu de travail. La poussière qui leur mine les poumons (sans mauvais jeu de mots), les coups de grisou et autres usures physiques terrassent avant l’âge ces travailleurs forcenés, doux rêveurs de fortune dans une mine qui n’a pourtant plus rien à leur offrir de plus que la promesse d’une mort annoncée.

 

 

Notre guide nous informe également de l’organisation de la mine, coopérative. Il n’est plus question ici, depuis la Révolution de 1952, de magnats de l’argent américains qui profitent des richesses de la montagne dans le dos des ouvriers. Ils sont à leur compte, liés à une coopérative de mineurs dans laquelle ils peuvent monter en grade au fil de leur carrière. Est-ce plus enviable comme situation que celle de mineur dans une société, sachant que ce dernier reçoit un salaire fixe, quelle que soit sa production ? Dans une mine marquée par l’épuisement des ressources, la coopérative ne fait que pénaliser ceux qui ont le malheur de ne pas avoir le bon filon au bout de leur pioche et valorise à peine ceux qui ont la chance de l’avoir. Ce n’est pas sans un certain plaisir que nous sortons de la mine au bout d’une visite jusqu’au quatrième niveau. Les rayons du Soleil se font éblouissants et, le temps que nos yeux se réhabituent à la lumière, nos poumons se remplissent de l’air pur. Sur le chemin du retour, notre guide nous fait entrer dans une fête de mineurs. Il suffit de voir leur état à 18h de l’après-midi pour savoir que ces hommes ont un certain nombre de préoccupations à oublier ! Tout le monde est complètement raide ! Le plus vieux d’entre eux, qui n’est pas le plus saoul, clame haut et fort son âge, 60 ans, exceptionnel pour un mineur. Ils sont tous très chaleureux, n’hésitent pas à nus offrir « quelques verres » de leurs mélanges, nous demandent quelques clopes, et me font part de leur rêve d’aller, un jour, en France. Nous ne nous attardons pas et profitons de la pluie qui se met à tomber pour prendre pour de bon le chemin du retour. Un passage au local des combinaisons pour se changer, et nous prenons un « collectivo » vers le centre de Potosí.

 

               Nous passerons un jour de plus à Potosí. Un jour tranquille, encore marqué par le carnaval. Et puis rapidement nous reprenons la route vers Uyuni et laissons derrière nous ce confetti de misère au cœur de la Bolivie, qui regrettera probablement encore longtemps ses « années folles ».

Par Vince - Publié dans : Voyages
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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 19:41
Et ben, je suis assez étonné de voir qu'il y a encore quelques personnes à venir voir mon blog. Et à vrai dire je culpabilise de ne plus rien y poster du coup ! Bien que le séjour au Chili soit terminé, je vais tenter (je dis bien tenter...) de continuer à poster de nouveaux articles, au moins pour terminer le travail de forcené que j'avais commencé, le récit du voyage de l'été dernier. Bon, j'ai attendu longtemps le soutien d'Arthur (pas faute d'avoir insisté) pour le terminer, et puis voyant sa motivation débordante j'ai abandonné cette piste. Finalement je vais faire mon possible pour avancer et terminer ce récit, par respect pour mes lecteurs, certes peu nombreux mais toujours fidèles. Je les remercie au passage, ça fait toujours plaisir d'être lu.
Par Vince
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 20:41

               La décision du tribunal de grande instance de Lille, rendue le 1er avril 2008, concernant l’annulation d’un mariage au motif que la femme avait caché sa non-virginité à son mari, suscite une très vive polémique depuis jeudi dernier. Les voix sont (quasiment) unanimes pour condamner ce jugement désigné comme attentatoire au droit des femmes et à l’égalité entre les hommes et les femmes. Je vais tenter d’expliquer dans cet article pourquoi cette décision ne me choque pas et pourquoi je trouve normal que ce mariage ait été annulé.

               La première personnalité à avoir condamné la décision est Elizabeth Badinter, philosophe et écrivaine française, qui s’est dite « ulcérée » et a affirmé avoir « honte de la justice française ». Ont suivi bon nombre de réactions, tant dans les rangs de la majorité que dans ceux de l’opposition. Les porte-parole de l’UMP ont multiplié les déclarations allant dans le sens d’un recours contre la décision et d’un changement de la loi en vigueur pour éviter que le cas présent ne fasse jurisprudence. On parle de « mise en cause de l’égalité hommes-femmes, les hommes ne pouvant pas être mis en cause pour les mêmes motifs » (Dominique Paillé, porte-parole de l’UMP), de décision « atterrante » qui « porte atteinte au principe constitutionnel d’égalité entre les hommes et les femmes et de non-discrimination » (PS), « d’intégrisme archaïque » (Jacques Myard, député UMP), de « fatwa contre la liberté des femmes » (Silehm Habci, présidente de Ni putes Ni soumises), etc…

               Le problème, c’est que l’immense majorité des gens qui se sont publiquement prononcés sur le problème ne sont pas des juristes, ou du moins ne semblent pas maîtriser suffisamment le droit pour porter un jugement adéquat sur la situation en présence. Et, de fait, ils sont à peu près tous à côté de la plaque.

               Revenons-en aux faits pour tenter de tirer le fin mot de l’histoire. Le mariage annulé est célébré le 8 juillet 2006. Les époux sont des musulmans français, ce qui constitue un détail malheureusement trop souvent utilisé par des extrémistes anti-Islam. Le soir de la noce, le mari se rend compte que sa femme n’est pas vierge, alors qu’il considérait cette condition absolument indispensable au mariage. Dès le lendemain, il demande l’annulation du contrat, indiquant avoir été trompé. La femme, au moment où son mari demande l’annulation du mariage, acquiesce, manifestement consciente que le fait de lui avoir caché sa non-virginité entraîne pour lui une remise en cause du contrat.

               Que dit le droit en la matière ? La chapitre IV du code civil est consacré aux demandes en nullités de mariage. Et l’alinéa 2 de l’article 180 dispose que « s’il y a eu erreur dans la personne, ou sur les qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage ». C’est précisément sur cet article que s’est basée la décision du juge. Il a estimé que le mariage avait été conclu « sous l’emprise d’une erreur objective », et que cette erreur était « déterminante dans le consentement ». Le point clé est finalement que la virginité a été considérée comme une « qualité essentielle de la personne », et qu’en cela le fait de cacher la non-virginité est considéré comme un motif suffisant pour prononcer l’annulation du mariage. Et il apparaît clairement que le fait que la femme soit vierge était une condition sine qua non du mariage pour le mari. Il faut bien comprendre que le mariage est un contrat. Les parties contractantes s’accordent sur un certain nombre de conditions à la célébration du contrat. Si l’une des parties a menti sciemment au sujet de l’une de ces conditions, et manifestement la virginité en était une, le contrat doit être annulé. Maintenant, il est clair que la virginité n’est pas une condition comme une autre, puisque la femme n’aurait pas pu invoquer cette même raison pour demander l’annulation du mariage. Mais selon moi la non-réciprocité n’est pas dans ce cas la source d’une quelconque discrimination ou d’une atteinte aux droits de la femme, considérant que l’on parle d’un contrat privé et que l’épouse avait donc accepté cette condition en le signant. De fait elle a acquiescé a la demande d’annulation de son mari, prouvant par là-même qu’elle était parfaitement consciente de la position de ce dernier. Les contrats ne sont pas toujours justes, les conditions qui y sont contenues pas toujours réciproques. Il ne faut donc pas s’attacher à la virginité en tant que telle mais plutôt à son caractère de condition à l’existence du contrat. Et de fait le juge n’a pas fondé sa décision sur la non-virginité de la femme, ce qui serait revenu pour le coup à adopter un principe que l’on peut considérer archaïque, mais sur le mensonge concernant une condition essentielle au mariage. Il ne sert donc à rien d’accuser la justice française de prendre à son compte des considérations religieuses, elle a simplement rempli sa mission.

               En ce qui concerne la critique selon laquelle cette décision pourrait enfermer les femmes dans un carcan communautaire, en les obligeant, dans les milieux très conservateurs qui prônent la chasteté avant le mariage, à se faire reconstituer l’hymen avant le mariage, elle n’est pas non plus opérante. Une femme qui a eu des relations sexuelles avant le mariage, étant entendue que ces relations étaient consenties, n’a aucune raison d’accepter un mariage sur la base de la chasteté des époux, étant supposé qu’elle ne partage pas cette position. C’est donc là un problème d’ordre privé qui se pose. Une femme dans cette situation n’a rien à faire dans son environnement familial et doit s’en autonomiser. L’annulation du mariage est finalement la meilleure manière pour elle de le faire a posteriori (je pense notamment aux femmes qui se voient imposer un mariage de ce type), même si l’on peut souhaiter qu’elle le fasse a priori. Et si l’on considère la situation de cette jeune femme en particulier, l’annulation du mariage était manifestement la meilleure solution pour elle. Si la requête du mari n’avait pas été acceptée, qu’aurait-elle fait ? Elle aurait passé sa vie entière avec cet homme aux convictions hors d’âge ? Elle aurait dû s’engager dans une procédure de divorce, plus longue et plus coûteuse ? La situation aurait à l’évidence été bien pire.

               Il serait donc salutaire, dans cette affaire, que le monde politique ne réinterprète pas les faits et la décision du juge dans le but de l’utiliser politiquement. C’est trop facile de hurler au scandale parce que la justice française a annulé un mariage sur la base de la non-virginité d’une femme. C’est trop facile, et c’est surtout faux, ou du moins cette affirmation élude l’essence du jugement à des fins de récupération politique. Le monde juridique, qui comprend la décision et ne cède pas à l’appel de l’affect dans cette affaire, ne le condamne pas. Au contraire, le procureur ne semble pas sur la voie de l’appel du jugement puisqu’il considère « assez conforme à la jurisprudence classique ». Mme Dati, une fois n’est pas coutume, a elle aussi su lire la décision. Après tout elle est juriste de formation. Le droit n’est pas un pur ressenti, il ne doit pas céder à la sensiblerie mal placée. Il doit faire en sorte de régir les relations entre les personnes, et c’est ce qu’il a fait dans cette décision, en protégeant de surcroit la plus faible des parties.

 J'ajoute pour qui le sujet intéresse quelques liens vers des articles qui m'ont paru intéressants sur la question :

http://jprosen.blog.lemonde.fr/ : blog très intéressant hébergé sur le site Lemonde.fr. Il défend la décision avec un argumentaire juridique solide, et un positionnement général (sociétal compris) que je trouve pertinent.

http://www.liberation.fr/rebonds/330088.FR.php : article d'un avocat du barreau de Nancy paru dans Libé du vendredi 6 juin 2008. Il est lui contraire à la décision mais, chose rare dans cette affaire, appuie sa position par des arguments intéressants, notamment sur le plan juridique, sans céder aux arguments simplistes et pleins de mauvaise fois que j'ai pu lire jusqu'ici. Il n'en vient a justifier la décision du juge que de manière technique, sans l'appuyer sur le fond.

Par Vince - Publié dans : ensayo de opinión
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Mercredi 7 mai 2008 3 07 /05 /Mai /2008 22:48

Mercredi 29 janvier 2008

               Ce matin, le réveil est un peu difficile après la journée bien remplie d’hier. Une bonne douche froide nous permet de dynamiser ce début de journée pour préparer le départ. Une fois les affaires prêtes, nous quittons l’hôtel en tentant de ne rien oublier, comme toujours un peu en retard. Arthur et moi avons acheté des machettes à Nauta. Vu la difficulté de les transporter, nous faisons une halte à la poste pour tenter de les envoyer directement en France. Nous avons juste le temps de les empaqueter et comptons trouver une permanence de la poste à l’aéroport. Un motocar nous y emmène en quelques minutes. Finalement nous étions dans les temps. Après avoir fait peser les bagages, nous prenons donc le temps de prendre un café avant l’embarquement. Quelques instants plus tard, nous prenons place dans l’avion qui circule lentement sur le tarmac et décolle bientôt. Lima n’est qu’à 1h30 de vol d’Iquitos, ce qui nous fait gagner un temps précieux comparé à un retour en « lancha ». Le vol se passe sans encombre et nous arrivons à Lima. De l’aéroport, nous rejoignons directement le centre, réputé très joli. On ne peut pas en dire de même de ses alentours, ni du reste de la ville. Dans le « colectivo » qui nous emmène au cœur de la capitale péruvienne, nous déplorons la pauvreté architecturale de la ville et le manque de propreté de ses rues. Une fois dans le centre, nous pouvons admirer la place d’Armes et ses alentours. Elle est très belle, somptueuse même. Sur un des côtés s’élève, majestueux, le palais présidentiel. C’est un magnifique bâtiment d’architecture coloniale protégé comme un bunker. Un véhicule blindé armé d’une mitrailleuse est posté sur son côté gauche et bon nombre de militaires en campent l’entrée.

 

 

            Le second côté, dans le sens des aiguilles d’une montre, est occupée par une imposante cathédrale, entièrement en pierres et aux façades élégamment ciselées.

 

 

            Sous des arcades longeant les deux autres côtés s’abritent des commerces de toutes sortes. La place en elle-même est très belle, conçue sur le modèle standard de nombreuses places péruviennes. Des parterres de fleurs et de gazon sont entrecoupés d’allées géométriquement disposées et des palmiers de taille réduite s’élèvent ça et là. De cette place surprenante de beauté nous nous engageons dans une des rues piétonnes, très commerciales, qui l’environnent, à la recherche d’une librairie. Les livres sont tellement rares et chers au Chili que nous voulons profiter de nous trouver à l’étranger pour faire quelques emplettes littéraires. Nous en trouvons deux, dont une entièrement dédiée à la religion, ce qui est très courant en Amérique Latine. En sortant, nous nous engageons dans une autre voie commerciale, mangeons un insipide mais nourrissant poulet-frites et nous demandons ce que nous allons pouvoir faire de la soirée, étant donné que nous ne repartons que demain matin vers 5h à Cuzco. La journée a été tranquille mais nous n’avons pas plus de motivation que ça pour sortir. Dans la rue que nous arpentons à la recherche d’un moyen de tuer le temps se trouve un cinéma. C’est parfait. Ce soir, ce sera ciné. Avec un peu de chance nous parviendrons à nous maintenir éveillés jusqu’à minuit pour voir le film jusqu’à la fin. A l’affiche, American gangsters, I am a Legend et quelques navets notoires. Sur le moment, Will Smith nous inspire plus que Denzel Washington. Je me rendrai compte un peu plus tard que c’était une erreur. Jusqu’à la fin, le film est acceptable. Bon, d’accord, l’intrigue américano-centrée d’un New York dépeuplé par une pandémie mondiale, squatté par une bande de zombies sanguinaires, et avec pour seul âme humaine un chercheur qui ne trouve pas d’antidote, est un peu pesante. Mais les zombies sont bien faits et nous ne sommes pas en état de mobiliser comme nous le voudrions toutes nos capacités intellectuelles. Nous ne pourrons cependant pas digérer la fin pseudo-mystique qui semble avoir été inspirée par des extrémistes chrétiens. C’est donc un peu dégoûtés que nous prenons le taxi pour rejoindre l’aéroport et passer les 4-5 heures qu’il nous reste avant de prendre l’avion. Rien à signaler sur cette attente qui passe assez rapidement entre un peu de lecture, un peu de shopping en duty free et beaucoup de repos. L’avion décolle comme prévu vers 5 heures, nous serons donc bientôt à Cuzco.

Jeudi 30 janvier 2008

               L’avion atterrit à Cuzco et la sortie de l’avion est surprenante de fraîcheur. Nous revenons à une altitude de 4000 mètres et dans la zone de l’hiver bolivien, la saison des pluies, qui touche une bonne part de la Bolivie et le sud du Pérou. Il ne pleut pas à notre arrivée, mais le temps est largement couvert, et je suis encore en pantacourt et chemise à manche courte, les fringues parfaites pour les températures proches des 30° que nous avions à Iquitos. Il est environ 6h30 quand nous sortons de l’aéroport, étant donné que nous avons pris l’avion vers 5h à Lima. Il est donc un peu tôt pour chercher un hôtel. Nous décidons d’aller dans le centre pour prendre un petit déjeuner et chercher un lieu où dormir plus tard. Après le petit-déjeuner, nous trouvons un hôtel intéressant proche de la place d’Armes, qui a une chambre triple prête pour 10 heures. Nous déposons donc les sacs à l’hôtel et sortons visiter la ville en attendant que la chambre soit prête. La place d’Armes est encore une fois somptueuse. Toujours ce carré parfait au centre, avec du gazon, des allées pavées et des fleurs. Et autour des bâtiments datant de l’époque coloniale tous entiers construits en pierres admirablement taillées. Cette place comporte deux cathédrales, ce qui est un peu surprenant. Mais le plus étonnant est que l’entrée de l’une d’entre elles est payante !

 



            Nous nous rendons compte à cet instant de l’abus du tourisme à Cuzco. C’est un changement brutal comparé à ce que nous avons connu à Iquitos. Le rapport avec les péruviens est beaucoup moins amical, ce n’est plus un rapport d’égal à égal avec la volonté franche de partager des expériences mais un rapport de touriste à local où la seule chose qui compte est l’argent que nous pouvons dépenser dans les activités qu’on nous propose. Le touriste n’est ici rien d’autre qu’un énorme portefeuille et le but de chaque péruvien est de le délester du maximum de son contenu. Autre surprise sur la place d’Armes : Matthias et Maya ! Mes deux colocs allemands du premier semestre, que nous avons croisés sous les arcades qui bordent un des côtés de la place. Nous discutons cinq minutes, leur souhaitons une bonne fin de vacances et un bon retour en Allemagne, et allons nous renseigner sur ce qu’il y a d’intéressant à voir sur Cuzco, et les tarifs des excursions au Macchu Picchu. Depuis qu’il a été récemment élu nouvelle merveille du monde, ce site archéologique Inca coûte une véritable fortune. Avec le temps dont nous disposons, qui nous empêche de nous attarder trop sur le chemin, il nous faudrait compter environ 100 euros pour le visiter, train, hôtel et billet d’entrée compris. Nous y réfléchissons quelques instants et décidons finalement de ne pas y aller. Nous sommes en pleine saison des pluies, d’où un ciel trop souvent couvert qui risque de nous empêcher de profiter pleinement du site, et nous préférons finalement passer les deux jours d’économie que nous faisons en n’y allant pas en Bolivie, étant donné que chacun d’entre nous doit être, pour des raisons différentes, au Chili ou en Argentine, vers la mi février au plus tard. Il nous reste donc une journée et demie à passer à Cuzco. Après un passage au centre internet, la première demi journée est déjà bien écourtée, aussi décidons-nous d’aller au musée d’art contemporain pour tenter de mettre à profit la fin d’après-midi. Cependant, le musée ferme à 18 heures et nous nous rendons compte que l’entrée est une entrée collective qui donne droit à visiter 16 sites culturels de la ville et ses alentours. Nous avons un parfait programme pour la journée de demain. Et pour la fin de celle-ci, nous allons visiter la féria artisanale de Cuzco, vaste hangar rempli de boutiques dans lesquelles se vendent toutes sortes de produits typiques du Pérou. Surtout des bijoux, des vêtements et tissus et quelques conneries sans intérêt. Passage par le terminal pour acheter un ticket de bus vers Puno, notre prochaine étape, et retour à l’hôtel pour une bonne nuit de sommeil.

Vendredi 31 janvier 2008

               Levés en milieu de matinée, nous ne tardons pas trop ce matin, ayant décidé de faire le maximum des sites archéologique qui bordent Cuzco avant de profiter de quelques musées dans la ville même. Nous prenons un taxi à la place d’Armes jusqu’au site le plus proche de la ville, Saqsaywaman.

 

 

            Ce sont des ruines relativement vastes, bien que très usées par le temps. Une immense place devait probablement représenter le centre d’une cité inca. Nous ne pourrons que faire des suppositions hasardeuses sur la disposition des ruines, étant donné que, par manque de temps, nous avons décidé de nous passer des services d’un guide. Des murs  s’élèvent sur plusieurs niveaux de part et d’autre de cette étendue plane, qui sont certainement ce qu’il reste des édifices constituant la cité.

 

 

            Nous montons au point le plus haut et, de là, pouvons admirer une vue d’ensemble de la ville. Ce n’est qu’à cet instant que nous nous rendons compte de son étendue, relativement importante.

 

 

            Nous passons bientôt au site suivant, à deux kilomètres à pied. Nommé Q’enqo, il est beaucoup plus restreint que le premier. Nous passons par une sorte de grotte, y croisons un groupe de touristes étatsuniens qui ne semblent pas spécialement entretenir leur forme physique, puis passons rapidement au site suivant, Tambimachay.

 

 

            Ce troisième ensemble de ruines est assez connu pour une fontaine. Elle s’alimente d’une source qui dévale une colline et suit des canaux artificiels avant de terminer sa course, en deux filets d’eau, dans une rigole. Le temps se gâte quand nous y arrivons, et c’est un véritable déluge qui s’abat sur nous quand nous décidons d’en repartir. La visite des sites archéologiques ne nous a pas totalement satisfaits, aussi nous demandons-nous si nous ne devrions pas rentrer sur Cuzco pour profiter un peu plus de la ville, et ne pas aller jusqu’à Pisac, les plus réputées des ruines des alentours de Cuzco. Bien mal nous en aurait pris ! Nous nous y rendons finalement et ne sommes pas déçu d’avoir poussé jusque là, d’autant plus que le temps s’est amélioré sur la route et c’est sous un grand soleil que nous parcourons les allées du site. Il se compose de divers ensembles de constructions, et de ce qui devaient être des cultures en terrasse.

 




            La visite durera une heure. Nous passons par les rues de cette ancienne cité inca, traversons un tunnel creusé dans la roche, et pouvons profiter d’une vue magnifique sur la vallée. Le circuit fait une boucle, nous revenons donc bientôt au point de départ et rentrons sur Cuzco. Là-bas, nous réaliserons un petit marathon pour visiter deux musées avant qu’ils ne ferment. Nous passerons par le musée historique régional et le musée d’art contemporain, les deux ne se révélant pas spécialement transcendants. Pour ce qu’il nous reste de l’après-midi, nous avons contacté Marion, le reste du groupe de départ étant également à Cuzco en ce moment. Nous nous rendons à leur hôtel et trouvons Elsa dans un état déplorable. Malade depuis 3 jours, elle commence à s’en remettre. Marion arrive en même temps et nous la trouvons au début d’une maladie similaire qui fera probablement le tour du groupe. Ils nous expliquent qu’ils ont décidé de partir demain pour le Macchu Picchu. Nous ne nous attardons pas et leur donnons rendez-vous un peu plus tard dans un restaurant suisse où nous avons remarqué sur la carte une fondue très alléchante. Le dîner dénote quelque peu des poulets frites/riz que l’on s’est envoyés pour nos derniers repas. Les autres nous rejoignent un peu plus tard. Nous prenons un verre ensemble en discutant des expériences différentes que nous avons vécues à Iquitos. Nous leur souhaitons finalement une bonne fin de voyage, étant donné que nous ne nous recroiserons pas pendant le reste du voyage, et rentrons à l’hôtel. Dans la soirée, nous rentrons finalement à l’hôtel chercher les bagages que nous y avions laissés et prendre le bus vers Puno, dernière ville péruvienne que nous visiterons, au terme d’un mois de voyage extrêmement riche dans ce pays fabuleux.

Samedi 1er février 2008

               Ce n’est malheureusement pas avec la plus belle escale du voyage que nous terminerons ce séjour au Pérou. Si nous avons déjà vu un certain nombre de villes moyennement intéressantes, Puno est véritablement une ville de merde !

 

 

            Elle est sale, répugnante même, et n’a rien d’autre à proposer que des attractions touristiques artificielles et affligeantes. A l’arrivée, nous cherchons la poste afin d’envoyer un certain nombre de choses par la poste vers la France. Après un mois de voyage, nous sommes plus que chargés et il est temps de délester un peu nos « mochilas » (sacs de voyage). Nous nous rendons ensuite jusqu’à ce qui semble être la place d’Armes pour attendre que le temps passe, vu l’heure à laquelle nous sommes arrivés. Elle n’a rien de spécial, pour une fois, à part la petite dizaine de cireurs de chaussures qui y travaillent. Je cèderai à l’un d’eux. Et puis, ayant appris que le premier site touristique de Puno est un archipel d’îles artificielles sur le lac, nous nous dirigeons vers le port pour tenter de trouver quelque chose de positif à cette escale. Décidément non, ça n’est pas possible.

 

 

            Une fois sur place, on nous demande de nous assoir sur un banc fait de « totoras » (une sorte de roseaux très présents sur le lac Titicaca), pour écouter un petit spitch sur l’histoire des îles et la vie de leurs habitants. Pendant ce temps des femmes s’affairent à mettre en valeur leurs étals d’artisanat « insulaire ». Nous sommes atterrés. Les touristes n’ont absolument aucune liberté, sont totalement guidés, quasiment chronométrés, durant l’excursion. Il reste donc de cette visite un sentiment de déception totale. Tout juste avons-nous appris comment se construisent ces îles assez surprenantes. La « totora » se compose de deux parties. L’une, émergée, la plante en elle-même, sert une fois coupée à former le sol et toutes les constructions de l’île, y compris les bateaux avec lesquels les habitants passent d’une île à l’autre. L’autre, immergée, est découpée en morceaux qui sont ensuite solidement amarrés les uns aux autres pour former la partie flottante sur laquelle s’étendent les « totoras » coupées qui en forment le sol. Pour éviter que l’île ne dérive, la partie immergée est solidement amarrée elle-même au fond du lac.

 

 

            De cela est née l’une des pires attractions touristiques que comporte le Pérou, pour être trop artificielle et trop encadrée. C’est donc avec cette déception finale que nous décidons de quitter le pays la nuit même vers Copacabana, en Bolivie. De ce que nous avons pu entendre, cette ville est somptueuse et sait mieux exploiter que Puno sa proximité avec le lac Titicaca. Nous prenons le bus avec cet espoir.

Par Vince - Publié dans : Voyages
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